Hier à l’hôtel Retaj s’est tenu un atelier national dans le cadre d’une réflexion sur l’opérationnalisation de la résilience urbaine dans notre pays. Pour rappel le concept de résilience urbaine découle directement du concept de résilience écologique, défini par l'écologue canadien Holling. Celui-ci considère la résilience comme la quantité des désordres qu'un écosystème peut absorber tout en conservant ses fonctions. C’est ainsi que la résilience désigne à l’origine la capacité d’adaptation et de récupération d’une personne à la suite de difficultés.
C’est ainsi que depuis les années 2000, ce mot s’est peu à peu appliqué à d’autres entités, à tout ce qui est capable de surmonter des épreuves, ou des crises pour atteindre de nouveaux équilibres. Il permet de faire face à l’incertitude des systèmes complexes. C’est dans ce cadre que la ville est considérée en quelque sorte comme le summum de la complexité, tout comme l’être vivant.
Selon Marco Stathopoulo : « Contrairement à la ville stable, sécurisée, hiérarchisée, optimisée et normée, chère au développement durable, la ville résiliente est flexible et transformable. Elle fonctionne en hétérarchie, limite les dépendances et multiplie interconnexions et redondances entre les différentes échelles de fonctionnement. Le risque fait partie de ses fondements, tout comme les ressources qui peuvent s’en dégager….La crise est révélatrice d’opportunités… ».
Le 25 octobre 2018 dernier lors de l’événement international sur la résilience des villes, la Banque mondiale a affirmé que chaque année les catastrophes entraînent 26 millions de sinistrés dans la pauvreté et coûtent 520 milliards USD à l'économie mondiale. Par ailleurs, Mme Maimunah Mohd Sharif, Directrice exécutive d’ONU-Habitat a déclaré à cette occasion que « Si les villes sont des centres d’action, de décision et de commerce, elles sont, de par leur concentration de population, également des centres de risques et dangers ».
Au cours de l’atelier les participants ont discuté longuement sur tous les aspects liés à l’identification du cadre normatif et des mécanismes de coordination en matière de réduction et gestion des risques de catastrophes, d’adaptation au changement climatique et la Résilience Urbaine. Il s’agit surtout d’éviter l’adoption d’un plan en plus, ce qui pourrait dupliquer ou entrer en conflit avec les plans existants.
L’objectif visé est de produire un cadre pour intégrer les plans existants et permettre des synergies pour renforcer la résilience urbaine. Pour l’heure, les participants ont convenu de travailler au sein de la « Plateforme nationale pour la prévention des risques de catastrophes » logé au Cosep. Le débat devra se poursuivre sur les outils et les autres mécanismes de coordination susceptibles pour opérationnaliser les actions qui sont définies.
Cet atelier a été appuyé par le Centre Technique Inter-pays sur la Gestion de risques de catastrophe, l’adaptation au changement climatique et la résilience urbaine (DiMSUR) dont le siège est au Mozambique. Le mandat du DiMSUR est d’apporter une assistance technique et des connaissances en matière de réduction des risques de catastrophes, adaptation au changement climatique et résilience urbaine aux États membres.
Mmagaza
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