La Gazette

des Comores

Fête du travail : La cherté de la vie au cœur des revendications

Fête du travail :  La cherté de la vie au cœur des revendications © : HZK-LGDC

Comme à l’accoutumée, le pays a célébré le 1er mai ce vendredi, une date marquant la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, communément appelée « fête du travail ». La Confédération des travailleurs des Comores, ainsi que plusieurs syndicats, dont la FSEC, ont mis l’accent sur la cherté de la vie, qui pèse lourdement sur le quotidien des Comoriens.


Ils ont défilé de la place Karthala à la place de l’Indépendance ce vendredi 1er mai. Cette journée a réuni la direction générale de la fonction publique, la confédération des travailleurs comoriens, les salariés de Comores télécom, Moroni terminal, des retraités et plusieurs syndicats. À cette occasion, Mohamed Maanfou, représentant syndical de la Fédération des syndicats des enseignants comoriens (FSEC), a eu recours à une métaphore pour illustrer la situation alarmante des enseignants : « C’est comme un homme marié à plusieurs femmes, dont l’une vivait mal. Elle a divorcé pour épouser un proche, pensant que sa vie changerait. En vain. » Une manière de dénoncer la précarité persistante des enseignants, de la période coloniale à ce jour, marquée par des salaires de misère. La FSEC rappelle que le protocole d’accord de janvier 2024 et son avenant d’août 2025 ne sont toujours pas appliqués. Pour les enseignants, le 1er mai n’est pas une fête mais « le rappel d’une vie dure qui traverse les régimes ».

 

Dans son allocution, Saïd Ali, secrétaire général de l’autorité portuaire des Comores (APC) a dénoncé la pénurie d’eau et d’électricité à Moroni et dans les autres villes. Il a qualifié d’« injuste » la pose de nouveaux compteurs par la Sonelec : « Les agents entrent dans nos maisons sans accord, sans nous informer. C’est une violation de domicile. On part au travail, au retour on constate un nouveau compteur ». Pour sa part, le secrétaire général du Syndicat général de Comores Télécom, Moustoifa Saïd Hassane, a résumé : « Seuls trois jours, un employé se réjouit de sa paie ». Le salaire ne couvre ni santé, ni études, ni nourriture, ni eau et électricité.

 

Dans son discours, la secrétaire chargée de la santé du travail a décrit des conditions difficiles. « Si un employé veut se défendre, on le prend comme une insulte. Le syndicalisme n’est pas un ennemi de l’État », a-t-elle déclaré. Elle a dénoncé : « Avoir les mêmes diplômes, travailler dans le même établissement et recevoir des salaires différents, c’est illégal et injuste ». Elle a rappelé la signature d’un accord qu’elle nomme « couloir de l’humanité », espérant un dialogue social et le respect des engagements de l’État. A la fin de son discours, elle a précisé que l'Etat doit être conscient des tâches et fonctions administratives qu’il confie, car selon elle, certains prennent leurs fonctions comme un pouvoir en intimidant ceux qui sont en bas de l'échelle (les employés). En insistant encore et encore que « le syndicalisme n'est pas ennemi de l'Etat. »

 

El-Aniou Fatima

 


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