La Gazette

des Comores

Forum mobilité et droits humains : La diaspora comorienne réclame satisfaction

Forum mobilité et droits humains :  La diaspora comorienne réclame satisfaction © : HZK-LGDC

Organisé par l’UNACOF dans le cadre du programme de coopération régionale des politiques migratoires (CRPM2), le Forum Mobilité, Droits humains et Diasporas (FMDHD) a placé au centre des débats une question sur la mobilité et des droits humains pour les comoriens d’ici et de la diaspora ce mardi 04 août à la salle de conférence de la faculté des sciences de l’université des Comores.


Lors de l’ouverture de l’atelier, Ibrahim Abdillah, président de l’Union des Associations Comoriennes de France (UNACOF), a tenu à rappeler la vocation de la fédération. L’UNACOF, a-t-il expliqué, s’est donnée pour mission de regrouper le tissu associatif comorien en France afin de mutualiser les ressources et accroître l’impact des initiatives. Elle est également un espace de représentation et de défense des intérêts des associations adhérentes, tout en favorisant les échanges avec d’autres organisations de la diaspora. « Notre objectif est de contribuer au développement des Comores et de renforcer la solidarité envers la communauté comorienne en France ». Acteurs économiques, chercheurs, membres de la société civile et représentants des agences de voyage étaient présent.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’intégrer les droits humains dans toutes les réformes envisageables. Les témoignages ont mis en lumière les discriminations, les abus tarifaires et les obstacles administratifs rencontrés par les voyageurs. Madame Mariama Abdallah Mhaji, gérante d’une agence spécialisée dans le hajj et la oumra et membre de la diaspora, a apporté un éclairage concret sur les difficultés rencontrées par les petites structures. Elle a souligné « le manque de rentabilité des petites agences locales, souvent fragilisées par des charges lourdes et une clientèle limitée ». Avant d’ajouter : « la dépendance vis-à-vis des grandes agences étrangères pour la confirmation des billets réduit considérablement notre autonomie et nous place dans une situation de vulnérabilité ».

Les échanges ont permis de dégager plusieurs pistes pour améliorer la mobilité, la réduction des coûts de transport, le renforcement de la coopération régionale pour fluidifier les liaisons aériennes, une meilleure information et transparence pour que les citoyens connaissent leurs droits et les recours possibles, ainsi qu’une implication accrue de la diaspora dans l’élaboration des politiques de mobilités. Le Docteur Bassur Ismael, chercheur à l’université des Comores, a rappelé que ces orientations doivent tenir compte des défis structurels auxquels la mobilité est confrontée dans le pays. Selon lui, « les mobilités aux Comores sont fragilisées par plusieurs contraintes ».

L’atelier a montré que la mobilité est bien plus qu’une question technique. Elle constitue un pont entre les Comores et sa diaspora. Les recommandations issues de ce forum pourraient tracer la voie vers une politique migratoire plus inclusive et respectueuse des droits humains. C’est dans ce sens qu’Ibrahim Youssouf, qui a représenté l’OIM, a rappelé que la problématique est légitime et reflète les difficultés concrètes rencontrées par la diaspora comorienne. Selon lui, « toute réforme de la mobilité que ça soit interne, régionale et internationale doit s’appuyer sur une approche globale, attentive aux réalités existantes ».

Aticki Ahmed Ismael

 


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