Dans un entretien accordé aux journaux Al-watwan et La Gazette des Comores, le nouveau représentant de l’UNFPA-Madagascar et directeur pays pour les Comores et Maurice, Constant-Serge Bounda, nous confie l’impulsion qu’il entend donner entre les Comores et l’institution.
Question : Depuis une semaine vous êtes aux Comores. Pouvez-vous nous résumer ce que vous avez constatez durant votre séjour ?
Constant-Serge Bounda : C’est ma première visite en Union des Comores. Je suis venu prendre officiellement mes fonctions. Rencontrer les différentes parties prenantes : la société civile, le gouvernement, quelques acteurs de développement, mes collègues du système des Nations Unies mais aussi du bureau de l’UNFPA. Ca a été une semaine très intense. J’ai ainsi eu l’immense honneur de toucher les réalités, les défis du pays dans le domaine qui est le nôtre.
Q : Votre institution appuie le gouvernement comorien à l’organisation du recensement général de la population et de l’habitat en septembre prochain, en quoi cela est est-il important pour les Comores ?
C-S.B : Le recensement général de la population est plus qu’important pour le développement d’un pays. Nous avons besoin de savoir exactement combien nous sommes. Quel est l’état de notre habitat. Ces données, nous en avons besoin pour mesurer les progrès accomplis par rapport aux objectifs du développement qui est un agenda international, avoir des indicateurs clairs sur l’état de notre économie, sur l’état de notre éducation, et en ce qui nous concerne par exemple sur les aspects de santé. Tout cela va nous permettre de mieux axer nos interventions, identifier les endroits clés de décisions, et surtout guider le gouvernement et les partenaires. Et nous ne pouvons qu’être heureux que le gouvernement prenne ce recensement très au sérieux. Le prochain conseil de ministres va mettre à disposition la contribution gouvernementale. Donc ça, c’est très important. On dit que ce pays a 61% ou 63% des jeunes. C’est imprécis. Le recensement nous fournira ces données d’une manière assez claire pour mieux aller de l’avant.
Q. Le 6ème programme de coopération entre l’UNFPA et les Comores touche à sa fin l’année prochaine. Quelles sont les grandes réussites de ce programme et quels sont selon vous les domaines à intervenir d’urgence ?
C-S.B : Notre 6ème programme prend fin effectivement en 2018. Il arrive au bon moment parce que nous sommes en train de revoir au niveau des Nations Unies notre cadre de coopération avec l’Union des Comores. Au niveau de l’UNFPA nous sommes en train d’adopter notre plan stratégique à partir de 2018. Nous avons les objectifs du développement durable des Nations Unies. Donc nous allons aligner tout cela surtout sur le plan de développement national et sur la vision de l’émergence 2030. Nous sommes très heureux que ceci arrive en ce moment. Et comme nous l’avons dit, avec les données de recensement nous pourrons mieux voir où nous devons mettre plus d’investissement, pour avoir plus d’impact sur le terrain. L’UNFPA comme le gouvernement, voulons des résultats et de l’impact sur le terrain. Donc nous sommes résolus dans un contexte fiscal international difficile de préparer ce nouveau programme qui va couvrir la période 2019-2033, avec toute l’attention qu’il faut pour que nous changions ensemble la vie des populations notamment dans les domaines qui nous concernent. La santé maternelle et la santé de reproduction. Il y a quand-même beaucoup de phénomènes de grossesses précoces. Sur la mortalité maternelle nous observons qu’il y a beaucoup de progrès mais nous devons offrir des meilleures conditions d’accouchement. Réduire par exemple le nombre des femmes qui vont accoucher hors des Comores. Le gouvernement comorien a décidé, pour la première fois, de doter la planification familiale d’une ligne budgétaire de 100 millions KMF. Donc nous devons restaurer cette confiance au niveau des structures sanitaires et nous nous réjouissons à ce niveau de l’action du gouvernement de construire cet hôpital de référence que nous allons appuyer en mobilisant des ressources supplémentaires. Au niveau de la jeunesse nous allons appuyer le plan du gouvernement. Le pays est en train de préparer une politique ambitieuse nationale de la jeunesse qui arrive à point nommé. Nous voulons que cette politique fasse un état de lieu sans concession de la jeunesse comorienne en termes de perspectives d’emplois, des défis d’éducation, et surtout des solutions envisagées pour que nous changions la trajectoire de ces jeunes car comme Mr le président de la république l’a dit hier (vendredi, Ndlr), « si nous ne nous occupons pas de ces jeunes, ils vont s’occuper de nous » (…). Ces défis nous devons les faire ensemble, et nous sommes très heureux de l’engagement du gouvernement malgré les difficultés financières.
Q. Quelle impulsion entendez-vous donner entre les Comores et l’UNFPA ?
C-S.B : Nous voulons consolider les acquis parce que mon prédécesseur a beaucoup fait. L’équipe pays, malgré les moyens limités, fait de son mieux. Avec les autorités nous avons pris des engagements en mettant en place des nouvelles stratégies. Parmi eux, nous nous sommes mis d’accord sur le leadership du gouvernement comorien d’organiser une table ronde de tous les ambassadeurs accrédités aux Comores, pour venir ici leur présenter un plan d’actions, leurs ambitions, et nouer des partenariats. Nous sommes également en tarin d’envisager un partenariat public-privé et nous pensons par exemple à une de nos expériences au Zimbabwe où avec la société Lafarge et le bureau international de travail (BIT) nous avons mis en place un centre de jeunes, avec des airs de jeu, avec des services de santé, et un lieu d’apprentissage pour le métier de la construction. Nous avons parlé de l’affinement des données du recensement au niveau sectoriel pour que chaque ministère ait une idée des projections d’investissement pour avoir plus d’impacts. Tout ceci résume notre ambition. Le grand problème c’est les ressources. Donc nous allons commencer à travers cette table ronde.
Propos recueillis par Toufé Maecha
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