La Gazette

des Comores

Fin de la grève du carburant : Le gouvernement suspend la hausse des prix

Fin de la grève du carburant :  Le gouvernement suspend la hausse des prix © : HZK-LGDC

Après une semaine de paralysie générale provoquée par la grève illimitée déclenchée par Usukani wa Masiwa et le Synaco, le gouvernement a finalement suspendu la hausse des prix des produits pétroliers. Une décision saluée par les syndicats et la population, alors que le pays tente de retrouver son calme après plusieurs jours de tensions, marqués par des barricades et des échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre. A Ndzouani on déplore deux morts et sept blessés par balle.


Après une semaine durant laquelle le pays a été paralysé par la grève générale menée par Usukani wa Masiwa et le Synaco, le calme revient enfin dans la soirée du samedi 16 mai au terme d’une ultime rencontre à Beit-Salam entre le gouvernement et les deux syndicats. Pour la première fois depuis 2016, le gouvernement est revenu sur sa décision en suspendant l’arrêté de la discorde. Depuis la nuit de samedi, le pays a progressivement retrouvé son rythme habituel. À Moroni, après l’annonce du retour aux anciens tarifs, plusieurs jeunes sont descendus dans les rues pour chanter et danser en scandant : « Ye mafura yasihi », comme pour célébrer une victoire arrachée de haute lutte. Dans la foulée, à la présidence, le ministre de l’énergie Aboubacar Said Anli a expliqué que plusieurs réunions de concertation avaient été organisées avec les deux syndicats afin de trouver un compromis.

« Nous avons tenu de nombreuses réunions avec les deux syndicats. Nous avons tenté de trouver un compromis, mais cela n’a malheureusement pas abouti. Cependant, les discussions ont été intéressantes et constructives. Il y a eu plusieurs incidents pendant la grève. Comme vous le savez, le chef de l’État aime profondément notre pays. Il privilégie toujours la paix et prend en compte la voix de la population. Ainsi, après plusieurs échanges, le président a ordonné l’annulation temporaire des nouveaux tarifs appliqués aux produits pétroliers. Le gouvernement va poursuivre les concertations avec les deux syndicats », a déclaré le ministre premier. Quant au ministre de l’intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, il a saisi l’occasion pour présenter au nom du gouvernement leurs sincères condoléances aux familles des jeunes ayant perdu la vie lors des manifestations dans la localité de Pagé, à Anjouan.

De leur côté, les deux syndicats ont salué la décision du président, précisant qu’il s’agit d’une victoire du peuple et non uniquement des syndicats. « Nous menons ce combat depuis dimanche dernier. Cela fait une semaine que nous avons entamé cette grève. Le peuple a été à nos côtés, car il s’agit d’une question de survie. Aujourd’hui, le gouvernement a compris que notre mouvement était dans l’intérêt de la population, y compris ceux qui sont au gouvernement. À partir de ce soir, la grève illimitée prend fin. Les chauffeurs reprendront le travail dès lundi », a déclaré Shema, porte-parole d’Usikani wa Masiwa.

Visiblement affaibli après une semaine de grève et de négociations, Abdou Boina, président du Synaco, a lui aussi exprimé sa satisfaction. « Je suis fier de nous tous. Cette victoire n’est pas seulement celle du Synaco et d’Usukani wa Masiwa, mais celle de toute la population. Nous remercions le peuple, mais aussi le gouvernement d’être revenu sur sa décision. Nous allons travailler ensemble pour le bien de la population. Nous reprendrons nos activités dès lundi », a-t-il déclaré.

 

Pour rappel, la grève illimitée déclenchée par Usukani wa Masiwa et le Synaco avait paralysé les activités dans tous les secteurs économiques, sociaux et administratifs. Aucune catégorie professionnelle n’a été épargnée. Plusieurs incidents ont été signalés dans l’ensemble du pays, notamment des arrestations de jeunes. A Ndzouani, les manifestations ont fait deux morts et 7 blessés par balle. Le parquet de Mutsamudu a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de ce drame, en espérant que la hiérarchie militaire diligente sa propre enquête interne. Le samedi 16 mai, dernier jour de la grève, la situation avait atteint son paroxysme, laissant craindre un embrasement généralisé au fil des heures.

Nassuf Ben Amad

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.