Après une semaine de discussions intenses, la Conférence des Nations Unies sur l’Océan s’est achevée vendredi 13 juin à Nice par l’adoption du Plan d’action de Nice pour l’Océan par plus de 170 pays. Ce sommet historique s’est conclu sur une déclaration intergouvernementale engageant la communauté internationale à agir de manière urgente pour la conservation et l’utilisation durable des océans.
Ce plan d’action se décline en deux volets : une déclaration politique intitulée « Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente » et une série d’engagements volontaires pris par les États et les parties prenantes. La déclaration appelle à des mesures concrètes, telles que l’extension des aires marines protégées, la décarbonation du transport maritime, la lutte contre la pollution marine et la mobilisation de financements en faveur des pays côtiers et insulaires les plus vulnérables. Portée par des engagements volontaires audacieux, cette déclaration marque la réussite d’un sommet de cinq jours et insuffle un nouvel élan au multilatéralisme environnemental. « Les engagements pris cette semaine doivent être rigoureusement mis en œuvre, suivis et amplifiés », a déclaré Li Junhua, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales, et Secrétaire général de la Conférence. « L’élan que nous avons généré doit nous porter jusqu’à la COP30, aux forums océaniques mondiaux et régionaux, ainsi qu’aux décisions nationales, et se traduire par des actions concrètes. » Il précisera : « Nous clôturons cette semaine historique non seulement avec de l’espoir, mais avec des engagements concrets, une direction claire et une dynamique incontestable ».
Coorganisé par la France et le Costa Rica, le sommet a rassemblé plus de 15 000 participants, dont plus de 60 chefs d’État et de gouvernement, autour de plus de 450 événements parallèles, sur les rives françaises de la Méditerranée. Tout au long de la Conférence, une mobilisation mondiale sans précédent s’est exprimée à travers des annonces fortes. La Commission européenne a dévoilé un investissement historique d’un milliard d’euros dans le cadre de son Pacte pour l’Océan. La Polynésie française s’est engagée à créer la plus vaste aire marine protégée du monde, couvrant l’intégralité de sa zone économique exclusive.La Nouvelle-Zélande a mobilisé plus de 52 millions de dollars américains pour renforcer la gouvernance et la recherche océanique dans le Pacifique. L’Allemagne a lancé un programme d’urgence de 100 millions d’euros pour retirer les munitions immergées dans ses eaux en mer Baltique et mer du Nord. L’Indonésie, avec le soutien de la Banque mondiale, a présenté un Coral Bond, un instrument financier innovant destiné à la protection des récifs coralliens.
Trente-sept pays, menés par le Panama et le Canada, ont annoncé la création de la Coalition pour un Océan Silencieux, première initiative politique mondiale contre la pollution sonore sous-marine. L’Italie a investi 6,5 millions d’euros dans des systèmes de surveillance maritime, incluant des satellites capables de détecter les marées noires. Le Canada, de son côté, a promis 9 millions de dollars US à l’Alliance pour les risques océaniques et la résilience, afin de soutenir les États insulaires face aux impacts climatiques. L’Espagne a annoncé la création de cinq nouvelles aires marines protégées, portant à 25% la part de son territoire marin sous protection.
Les Nations Unies et leurs partenaires ont lancé l’initiative One Ocean Finance, un mécanisme ambitieux visant à mobiliser plusieurs milliards d’euros pour soutenir une économie bleue durable.
La Conférence a également été marquée par une avancée significative dans le processus de ratification de l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ), adopté en juin 2023. En marge du sommet, 19 pays ont ratifié l’accord et 20 autres l’ont signé, portant le total à 136 signatures et 50 ratifications (dont l’Union européenne). Il ne manque désormais plus que 10 ratifications pour que le traité entre officiellement en vigueur.
Cet accord constitue un instrument juridique essentiel pour préserver la biodiversité dans les deux tiers des océans qui échappent à toute juridiction nationale. Le prochain grand rendez-vous est d’ores et déjà fixé : la quatrième Conférence des Nations Unies sur l’Océan se tiendra en 2028 et sera coorganisée par le Chili et la République de Corée. D’ici là, l’enjeu est de traduire les engagements pris à Nice en actions concrètes et mesurables sur le terrain. Car l’avenir de notre planète bleue se joue, aujourd’hui plus que jamais, dans les eaux que nous devons collectivement protéger.
Andjouza Abouheir, depuis Nice, France
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