Moroni, est en émoi après la découverte de trois corps sans vie en l’espace d’un mois. Le dernier en date a été retrouvé hier, 2 février, au port de Moroni, après deux autres découvertes macabres près de Kalaweni, les 19 et 21 janvier derniers.
À l’aube du 2 février, un corps a été repêché dans les eaux du port de Moroni. Selon des témoins présents sur les lieux, c’est un pêcheur qui aurait fait la découverte. « C’est un homme qui a été retrouvé dans la mer tôt le matin. Nous avons alerté la société civile, qui est venue récupérer le corps », confie un témoin, rencontré sur place. À ce stade, les circonstances exactes de ces décès restent inconnues. Le silence des autorités nourrit l’inquiétude et la colère de la population, de plus en plus préoccupée par sa sécurité. L’absence d’informations officielles alimente les rumeurs et renforce le sentiment d’insécurité. Jointe par téléphone, la procureure de la République près le tribunal de Moroni, Mme Saïdatte Fatouma Saïd Boina, a indiqué que les autorités attendent encore les résultats du médecin légiste. « Nous sommes en attente des éléments médicaux pour nous prononcer sur ces décès. La presse sera informée dès que nous disposerons des résultats », a-t-elle déclaré.
Ces événements tragiques interviennent dans un contexte marqué par une recrudescence des actes de violence dans le pays. À Moroni, la peur gagne du terrain, et de nombreux habitants dénoncent l’inaction et le manque de communication des pouvoirs publics. Faouzia Darouèche, résidente de Moroni, exprime son inquiétude : « Je suis choquée et effrayée par ce qui se passe dans notre ville. Trois cadavres en un mois, c’est trop. La nuit, je dors avec la peur au ventre, en me demandant si je serai la prochaine. » Elle se souvient notamment du premier corps découvert près de la baie de Kalaweni : « J’allais au marché quand j’ai vu des gens courir et crier. J’ai aperçu le corps par terre, c’était un homme d’environ 45 ans. Le lendemain, un autre corps au même endroit… Depuis, je n’ose plus sortir. Et aujourd’hui, celui du port. C’est vraiment trop. »
Même inquiétude chez Nailat Ali, mère de famille vivant à Moroni. « Les autorités ne disent rien, elles ne font rien. Nous sommes abandonnés. Je demande à nos dirigeants de nous protéger. Je ne veux pas que mes enfants grandissent dans un pays où la mort et la violence sont partout. Nous voulons vivre en paix, comme tout le monde », plaide-t-elle. Pour l’instant, de nombreuses questions restent sans réponse : qui sont les victimes ? Quelles sont les causes réelles de leur mort ? S’agit-il de crimes ou d’accidents ? Autant d’interrogations qui continuent d’alimenter la peur et l’angoisse.
El-Aniou Fatima
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