Le quartier de Hadoudja a été secoué lundi 24 novembre par la découverte d’un nouveau-né mort, abandonné dans un carton près d’une décharge à proximité d’un terrain de football. C’est une habitante du quartier qui a donné l’alerte tôt dans la matinée après avoir aperçu « le dos d’un bébé dans un carton ».
La Sécurité civile (DGSC) et la gendarmerie se sont immédiatement rendues sur les lieux pour constater la situation et sécuriser le périmètre. Les premières constatations indiquent que l’enfant était déjà décédé au moment de l’arrivée des secours. Said Msoili, habitant de Hadoudja, encore choqué par la scène, raconte : « Le bébé avait encore son cordon. On aurait dit qu’il venait tout juste de naître. Il avait des cheveux et semblait âgé de quelques jours. C’est terrible de voir ça dans notre quartier. » Selon nos informations, plusieurs femmes vivant à proximité de l’endroit où le bébé a été retrouvé ont été interpellées et interrogées par la gendarmerie. L’une d’elles est toujours retenue, du moins jusqu’au moment où nous bouclions ces lignes. Des témoignages indiquent qu’elle avait récemment un ventre gonflé, laissant penser à une grossesse. Interrogée, elle a rétorqué qu’« il s’agissait simplement de gaz ». Les enquêteurs cherchent maintenant à vérifier la véracité de ses déclarations.
La gendarmerie confirme que l’enquête se poursuit pour déterminer l’identité de la mère, les circonstances de l’abandon et d’éventuelles responsabilités pénales. L’émotion est vive au sein de la population. Plusieurs acteurs de la société civile dénoncent un drame de plus dans un pays où ces situations deviennent tristement récurrentes. Ce nouvel abandon met en lumière les failles sociales, économiques et psychologiques auxquelles sont confrontées certaines femmes, souvent livrées à elles-mêmes dans des situations extrêmes. L’urgence est de renforcer les dispositifs d’accompagnement, le soutien familial et la prévention.
Selon le psychologue Ben Ali Khaer, ce type de drame révèle une souffrance profonde, souvent passée sous silence : « Une femme qui en arrive à abandonner un nouveau-né dans de telles conditions est une personne en détresse aiguë, parfois isolée et terrifiée par le jugement social. Ces situations ne sont pas seulement des faits divers : ce sont des signaux d’alarme sur la santé mentale et l’absence de structures capables de soutenir ces mères avant qu’il ne soit trop tard.»
Il ajoute : « Il faut briser le tabou autour des grossesses non désirées, renforcer l’accès au soutien psychologique et créer des espaces sécurisés où les femmes peuvent demander de l’aide sans crainte. » Impatients des conclusions de l’enquête, les habitants de Hadoudja restent profondément marqués par la découverte d’un nouveau-né privé de toute chance de survie.
Mohamed Ali Nasra
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