Naili, jeune pêcheur, est décédé dimanche à Mutsamudu, 4 jours après être sorti de prison où il a passé un mois. Sa famille lie le décès du trentenaire « aux mauvaises conditions carcérales de Koki (prison de Mutsamudu, ndlr) et aux tortures qu’il y a subies ». Naili crachait du sang quand il a été remis en liberté.
S’il est un post qui a fait le buzz sur Facebook, vraisemblablement le réseau social préféré des Comoriens, dimanche dernier, c’est celui rédigé par Zaitouni Mounir, professeur d’anglais qui s’est présentée comme étant la mère adoptive du jeune Naili. « Naili, un jeune pêcheur d’une trentaine d’années, vient de mourir (à Mutsamudu, ndlr) suite à un court séjour en prison ». Le message a été partagé plus de 200 fois et a recueilli plus de 600 commentaires et a également été repris par les sites et autres blogs. Un événement qui aurait dû relancer le débat sur les conditions carcérales en Union des Comores. Le jeune Naili a passé 1 mois en prison. 4 jours après en être sorti, il est décédé. Sa famille est persuadée que les mauvaises conditions pénitentiaires et la violence qu’il aurait subie en prison seraient la cause de sa mort prématurée.
Selon un interlocuteur qui a requis l’anonymat, dès son arrivée à la prison de Koki à Mutsamudu, Naili a été régulièrement roué de coups. « Il était battu souvent et dormait à même le sol ; parfois, il se servait d’un sac vide de riz ou de ciment comme d’un matelas ». A sa mère qui lui rendait régulièrement visite, « il se serait plaint continuellement du fait qu’il avait froid ». Toujours selon lui, Naili et ses compagnons mangeaient une fois par jour à 17 heures : « Généralement du fruit à pain bouilli, qui tenait à peine dans un tout petit récipient ». Pourtant à en croire notre source, Naili n’était pas ce qu’on appelle une petite nature. « C’était un pêcheur, jeune et robuste mais durant tout son séjour en prison, il avait des maux de tête et avait les oreilles qui le faisaient souffrir».
Sa mère, inquiète, aurait demandé à ce que son fils puisse voir un médecin. «Les responsables du centre pénitencier ont laissé trainer les choses ». Il a fallu une pression pour qu’on le laisse sortir de prison. « Hélas, à sa sortie, les choses se sont compliquées parce qu’il toussait beaucoup et surtout crachait du sang », a regretté notre interlocuteur. Les parents de Naili, par crainte des autorités, ont dit s’en remettre à dieu et excluent de porter plainte. « Ils ne veulent pas de tapage, ont peur de la pression et estiment que même s’ils le faisaient, cela ne ferait pas revenir leur fils à la vie ».
Faïza Soulé Youssouf
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC