La Gazette

des Comores

Exercice « NOURA » : Le pays teste sa riposte face à un cyclone intense

Exercice « NOURA » : Le pays teste sa riposte face à un cyclone intense © : HZK-LGDC

Pendant trois jours, le pays teste son dispositif de réponse face à un cyclone tropical intense. Lancé mardi à Moroni, l’exercice « NOURA » met à l’épreuve la chaîne d’alerte, la coordination des secours, les mécanismes d’évacuation et la mobilisation du Fonds REPAIR.


Le ministre de l’intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a officiellement lancé, le 25 août dernier, l’exercice de simulation sur table « NOURA », ainsi que l’activation du Fonds REPAIR. Pendant trois jours, cet exercice doit permettre d’évaluer la capacité du pays à faire face aux conséquences d’un cyclone tropical intense, depuis le déclenchement de l’alerte jusqu’à la phase de relèvement. Placée sous la coordination de la direction générale de la sécurité civile (DGSC), la simulation réunit plusieurs ministères sectoriels, les autorités civiles et militaires, la Banque mondiale ainsi que l’Eastern Africa Standby Force (EASF). Elle s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan national de contingence et dans le cadre du partenariat entre les Comores et l’EASF autour de l’instrument HANDS de l’Union africaine. Pour le ministre, l’exercice revêt avant tout un enjeu institutionnel.

Il s’agit notamment de vérifier la capacité des autorités à déclencher les différents niveaux d’alerte et à activer rapidement le poste de commandement fixe. « Une décision tardive peut paralyser l’ensemble du dispositif de réponse. Une décision mal coordonnée peut avoir des conséquences graves. J’attends de chacun d’entre vous, quelle que soit son institution, le même niveau d’engagement dans cet exercice », a déclaré Mohamed Ahmed Assoumani. Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer les personnes les plus vulnérables dans les mécanismes de réponse. Femmes, enfants, personnes âgées et personnes en situation de handicap doivent, selon lui, faire l’objet d’une attention particulière, les catastrophes ne touchant pas toutes les catégories de population de la même manière. L’aspect financier constitue aussi un volet important. L’objectif est de vérifier le bon fonctionnement de la chaîne de déclenchement des fonds et de s’assurer que les ressources puissent parvenir rapidement aux populations affectées.

De son côté, le directeur général de la Sécurité civile, le colonel Abdallah Rakifi, a rappelé que la préparation aux catastrophes ne repose pas uniquement sur l’existence de plans d’urgence, mais surtout sur la capacité à les appliquer efficacement en situation réelle. Pour lui, « NOURA » doit être un exercice de vérité, destiné à mettre en évidence les failles du dispositif. « Nous ne sommes pas ici pour démontrer que notre système est parfait. Nous sommes ici pour identifier nos faiblesses », a-t-il expliqué, estimant qu’il vaut mieux les découvrir dans le cadre d’une simulation que lors d’une catastrophe réelle. Durant les trois jours, plusieurs aspects seront ainsi mis à l’épreuve : le système d’alerte, la chaîne de commandement, la coordination entre les institutions et les capacités d’évacuation. Le mécanisme REPAIR, destiné à faciliter la mobilisation des ressources financières en cas de catastrophe, fera également l’objet d’un test grandeur nature.

L’EASF entend, pour sa part, tirer les enseignements de cette expérience afin de renforcer la coopération régionale. Son représentant a rappelé que les catastrophes ne connaissent pas de frontières et que leur gestion nécessite une coopération étroite entre les États. L’organisation régionale ne souhaite donc pas se limiter à un rôle d’observateur. Elle entend documenter les enseignements de l’exercice et identifier les bonnes pratiques susceptibles d’être adaptées et partagées dans la région. À travers NOURA, les autorités comoriennes cherchent ainsi à identifier les éventuelles failles de leur dispositif de gestion des catastrophes, mais aussi à améliorer la coordination et à réduire les délais d’intervention afin de mieux protéger les populations en cas de cyclone majeur.

El-Aniou Fatima

 

 

 

 

 


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