La descente aux enferres continue pour les examens nationaux. Le Bepc ne fera pas l'exception avec un taux d'échec de plus de 80% à Ngazidja. A l'image du Titanic, les examens nationaux coulent en douceur dans les eaux glaciales de l'Océan sous le regard incrédule de tout un peuple.
Pas de miracle pour les examens du Bepc après la déroute des résultats du Baccalauréat et de l'entrée en 6ème. Avec 480 admis en premier groupe, soit 7,36% et 1072 autorisés à passer les oraux soit un taux de 16,44% uniquement à Ngazidja, 2017 devient l'année la plus noire pour les examens nationaux. Un triste record battu. Qu'est ce qui explique cette chute libre ? Chacun y va de sa propre analyse à l'image de Maoulida Ben Ousseine, commissaire à l'éducation de Ngazidja qui laisse entendre que la décision des autorités de mettre un tour de vis, histoire dit-il, de limiter des fraudes et tentatives de triche pour avoir des résultats dignes de ce nom.
« L'initiative du ministre de l'éducation nationale et le défi auquel le gouverneur Hassane Hamadi a décidé de relever sur l'éducation de l'île fait que nous sommes partis sur une sécurisation effective », a-t-il fait savoir, se réjouissant que les consignes aient été scrupuleusement respectées. M. Ben Ousseine remet en cause sans le nommer, les grèves qui ont provoqué un rallongement de l'année scolaire pour permettre aux établissements publics de finir le programme.
Pour un enseignant souhaitant garder l'anonymat, l’erreur est à chercher dans l'organisation elle même des examens. D'après-lui, il règne un parfum de pagaille dans les offices d'examens. « Ne peut être surveillant ou correcteur d’épreuve qui veut », fait-il observer, accusant de copinage de la base au sommet du système éducatif du pays.
Jaffar El Macelie, un des doyens des inspecteurs pédagogiques, fait savoir que la responsabilité de cet échec est partagée. D'après-lui, il ne fallait pas mettre tout sur le dos des élèves. « C'est une boucle, chacun a sa part de responsabilité », a-t-il dit. Pour ce consultant national, les résultats des examens dépendent de plusieurs facteurs, notamment celui de savoir si réellement les sujets correspondent aux objectifs des épreuves.
« Ce que je sais, il ne faut pas s'enorgueillir si les résultats sont mauvais », dira-t-il. Il est évident qu'ailleurs face un tel échec collectif car il s'agit de cela, les responsables directs du désastre ont tendance à en tirer les conséquences.
Maoulida Mbaé
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