Mohamed Bacar, agent de sécurité, écope deux ans de prison ferme pour complicité et tentative d'évasion à la prison de Moroni. Il avait dissuadé un collègue d'intervenir lors de l'évasion du 20 mars.
Le tribunal correctionnel de Moroni a rendu vendredi 03 avril son verdict dans l’affaire de l’évasion de la maison d’arrêt de Moroni survenue le 20 mars dernier. Mohamed Bacar, agent de sécurité, a été reconnu coupable de complicité et de tentative d’évasion, il est condamné à deux ans de prison ferme. Les quatre autres agents poursuivis ont été relaxés au bénéfice du doute. Selon les faits, dans la nuit du 20 mars, Bacar avait quitté son poste de portier pour visionner des images de vidéosurveillance avec un collègue. Lorsqu’il a aperçu un individu franchissant le mur de la prison, il a affirmé qu’il s’agissait d’un chat, dissuadant toute intervention. Cette absence de réaction, ainsi que la tentative de dissimulation, ont lourdement pesé dans la décision du tribunal. Notons que les dix détenus impliqués dans la tentative d’évasion ont tous été déclarés coupables.
Cinq ont réussi à s’échapper, tandis que les autres ont été rapidement rattrapés. Parmi ces derniers, deux détenus poursuivis pour agression sexuelle (en attente de jugement) et deux autres pour vol ont été condamnés à deux mois de prison ferme pour tentative d’évasion. Dans le cas de Noël Saïd, déjà condamné à la peine de mort pour l’assassinat de Faina, une peine supplémentaire de six mois de prison ferme a été prononcée pour tentative d’évasion. Par ailleurs, Darmine Ahamdi, également agent de sécurité, a été relaxé au bénéfice du doute après avoir passé plusieurs nuits en détention. Son avocat, Me Abdoul-haye Ahamada, a dénoncé une procédure précipitée ayant porté préjudice à son client. « La décision rendue par le tribunal correctionnel de flagrant délit de Moroni, prononçant la relaxe de mon client, au bénéfice du doute, n’est pas une surprise. Au contraire, elle vient consacrer ce que nous soutenions avec constance depuis l’origine : l’absence totale de preuve établissant une quelconque complicité dans les faits d’évasion survenus le 20 mars à la maison d’arrêt de Moroni », a-t-il déclaré.
L’avocat estime que son client a servi de bouc émissaire dans un contexte de confusion au sein de l’établissement pénitentiaire. Il souligne que les éléments du dossier démontrent que son client n’a ni participé à l’évasion, ni facilité celle-ci, ni même eu connaissance des faits au moment où ils se produisaient. Selon lui, cette affaire soulève des questions sur la précipitation de certaines poursuites, au détriment des droits fondamentaux et de la présomption d’innocence. Il regrette également que son client ait subi une privation de liberté injustifiée, avec une garde à vue prolongée suivie d’une détention provisoire, malgré l’insuffisance des éléments à charge. Il poursuit que cette décision rétablit l’honneur de son client et démontre les dérives d’une procédure menée avec précipitation.
El-Aniou Fatima
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
