Depuis plusieurs semaines, l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi suscite une vive inquiétude. Malgré des conclusions médicales claires, aucune décision n’a encore été prise, provoquant l’incompréhension de sa fille, qui prend ce lundi 15 juin la parole pour dénoncer l’inaction des autorités.
« Comme vous le savez, mon père est souffrant. » C’est par ces mots que débute le témoignage de Tislam Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, fille de l’ancien chef d’État. Depuis le mois de mai, le médecin traitant d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi avait alerté les autorités judiciaires sur la nécessité pour lui de se rendre à l’étranger afin de bénéficier de soins adaptés. Face à cette demande, les autorités ont opté pour une contre-expertise médicale. « Ils ont décidé d’envoyer leurs propres médecins pour vérifier la situation », explique-t-elle. Une décision qui visait à établir un diagnostic indépendant.
Quatre médecins ont été dépêchés dont deux cardiologues et deux médecins généralistes. Ces spécialistes ont procédé à une série d’examens approfondis. Le 4 juin dernier, les deux cardiologues ont rendu leurs conclusions. « Ils ont affirmé que mon père devait impérativement subir une coronarographie », un examen du cœur non disponible aux Comores selon leur rapport. Le 6 juin, les médecins généralistes ont à leur tour confirmé cette nécessité. « Ils ont recommandé que mon père voyage pour effectuer cet examen, car les maladies cardiaques ne sont pas à prendre à la légère », précise-t-elle.
Pour Tislam, ces résultats ne laissent aucune place au doute. « Ce sont les médecins choisis par les autorités elles-mêmes qui ont confirmé la nécessité de l’évacuation. » Pourtant, malgré la transmission des rapports depuis plus d’une semaine, aucune décision n’a été annoncée. « Nous sommes aujourd’hui au huitième jour d’attente. Je reste patiente, mais je ne comprends pas pourquoi mon père est toujours retenu aux Comores », confie-t-elle, exprimant une inquiétude grandissante.
Dans un appel direct, elle interpelle les autorités judiciaires. « Monsieur le ministre de la Justice, Monsieur le procureur général, Madame la procureure de la République, Dieu vous a choisis pour être témoins de ce qui arrive à mon père. Vous l’avez vu, vous avez demandé une contre-expertise, et aujourd’hui vous avez les résultats. Pourquoi ne réagissez-vous pas ? » Elle appelle également à une mobilisation au sein du gouvernement. « Je vous demande d’intervenir auprès des membres du gouvernement qui peuvent soutenir ce dossier, afin que mon père puisse partir se soigner et espérer retrouver la santé. »
Elle rappelle enfin une correspondance du président Azali Assoumani, dans laquelle il indiquait ne pas s’opposer au voyage de Sambi pour des raisons médicales, dans l’attente des résultats. « Aujourd’hui, ces résultats existent. Ils ont été établis par les médecins que vous avez vous-mêmes choisis. Je ne comprends plus ce qui bloque. » Entre urgence médicale et silence administratif, la situation reste préoccupante, alors que chaque jour compte dans la prise en charge des maladies cardiaques.
Mohamed Ali Nasra
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