Le lac Dzianladzé, joyau du patrimoine naturel de l’île d’Anjouan, a été le théâtre ce dimanche 21 décembre 2025, d’une importante mobilisation citoyenne en faveur de la protection de l’environnement. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de reboisement 2025-2026, prévue jusqu’au 28 février, dont l’objectif est de restaurer les écosystèmes dégradés tout en renforçant la conscience écologique à l’échelle de l’Union des Comores.
La cérémonie s’est déroulée sous la conduite du ministre de l’Environnement, Abubacar Ben Mahamoud, en présence de la Représentante résidente adjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), des services techniques régionaux, des forces de sécurité ainsi que de nombreuses associations engagées dans la protection de la nature. Assurant l’intérim à la tête de l’exécutif insulaire, Madame Abasse Daima, secrétaire générale du gouvernorat d’Anjouan, a rappelé que « la protection de l’environnement commence par des gestes simples, accessibles à tous, mais porteurs d’avenir ».
Dans son intervention, le ministre a insisté sur l’importance stratégique du site de Dzianladzé. « Il s’agit d’un espace naturel qu’il est impératif de préserver. Cette dynamique locale s’inscrit dans une action nationale appelée à se déployer sur l’ensemble des îles », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que le lac est classé site Ramsar et qu’il abrite plusieurs espèces endémiques, notamment des oiseaux rares. Situé au cœur du Parc national du Mont Ntringui, ce site à la fois naturel et culturel fait face à de fortes pressions écologiques, en particulier l’envasement. « La protection de Dzianladzé est une responsabilité partagée entre l’État, les communautés locales, les ONG et les associations », a-t-il souligné.
La mobilisation a également rassemblé des citoyens venus d’autres îles. Hassani Houmadi, participant originaire de Mwali, a estimé que « ce type d’action rappelle que les défis environnementaux dépassent les frontières insulaires et concernent l’ensemble de la nation ». De son côté, Saandia Moussa, venue de Ngazidja, a exprimé l’espoir que « cette initiative inspire durablement les jeunes à s’engager pour la protection de la nature ».
La cérémonie a également été marquée par la remise officielle des chèques aux cinq organisations communautaires de base d’Anjouan bénéficiaires du premier appel à projets du SGP–OP8/PNUD. À l’échelle nationale, 11 projets communautaires ont été approuvés par le comité de pilotage (5 à Anjouan, 2 à Mohéli et 4 à la Grande Comore), pour un financement total de 420 000 USD, en appui aux initiatives locales de protection de l’environnement et de moyens de subsistance durables.
Pour rappel, la campagne nationale de reboisement 2025-2026, intitulée « Un Comorien, un arbre », a été officiellement lancée le 14 décembre à Mohéli, sous le Haut Patronage du Chef de l’État. Elle ambitionne de lutter contre la déforestation, restaurer les écosystèmes, protéger la biodiversité, soutenir le développement local et favoriser l’implication active des communautés. Au total, 125 hectares doivent être reboisés à travers les trois îles, avec plus de 161 000 plants d’espèces indigènes, fruitières et stabilisatrices des sols.
Selon le plan de reboisement, le lac Dzianladzé et ses environs bénéficieront à eux seuls de l’enrichissement de 44 hectares de forêts naturelles, comprenant notamment des espèces telles que Weinmannia comorensis, Tambourissa leptophylla, Nuxia pseudodentata, Ocotea comorensis et Khaya comorensis. Les forêts de basse altitude, les zones agricoles et les mangroves côtières figurent également parmi les zones prioritaires.
Mohamed Ali Nasra
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