Depuis mardi se tient dans un hôtel de la place un atelier en vue de dresser une liste relative à la hiérarchisation des espèces exotiques envahissantes dans notre pays. Des experts nationaux sont à pied d’œuvre avec l’appui de Christophe Lavergne un expert reconnu en la matière.
Pendant quatre jours les experts vont s’adonner à un croisement des données recueillies sur le terrain au niveau de plus de 335 transects et points d’observation des espèces végétales introduites dans les 3 îles de la Grande-Comore, d’Anjouan et de Mohéli, sur la base d’environ 600 espèces introduites obtenues d’une compilation bibliographique.
Cette liste permettra de se faire une idée du niveau de la menace causée par ces espèces entre autres au niveau de notre agriculture. Il a été en effet constaté un taux d’envahissement élevé par un ensemble d’espèces et les pratiques pastorales dans les forêts accentuent le problème.
On notera l’usage de certaines espèces envahissantes comme le goyavier pour le charbon et la construction ce qui complique aussi la lutte. Ces espèces ne sont pas considérées comme envahissantes, mais utiles. Or la perte de biodiversité est cependant bien réelle et gagne progressivement les zones qui étaient préservées par leur éloignement.
Le projet pilote aux Comores doit conduire à l’élaboration prochaine d’une Stratégie et d’un plan d’action nationaux sur les espèces envahissantes. Développer des stratégies pour renforcer les politiques nationales, régionales et globales ainsi que des actions pour mieux prévenir et gérer les invasions biologiques existantes et sur lesquelles des consensus doivent être trouvés.
Le projet « Développement d’un modèle compréhensif pour la gestion et de la dispersion Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) dans les écosystèmes insulaires », baptisé « Inva’Ziles », mené par l’IUCN-International et financé par l’Union Européenne, vise à améliorer la qualité de vie des populations insulaires et à préserver leur patrimoine naturel en réduisant l’impact des invasions biologiques sur la biodiversité et les activités économiques qui en dépendent. Le samedi prochain, la liste devrait être validée et permettre à notre pays de passer à un autre palier dans cette lutte.
Hachime Abdérémane
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