Les tortues marines sont parmi les espèces animales les plus menacées d’extinction. Des 7 espèces de tortues marines, seules les tortues vertes et imbriquées viennent nidifier sur nos plages de sable.
Et comme nous le savons, les sites de ponte sont menacés par l’activité humaine croissante en milieu côtier (prélèvement du sable de plage pour la construction, urbanisation, braconnage, pêche, etc. Malgré le fait que la capture des tortues marines ainsi que leur commercialisation soient interdites, notamment par l’arrêté N°01/31/MPE/CAB du 14 mai 2001 portant protection des espèces de faune et de flore sauvages des Comores, elles sont toujours convoitées pour leur chair et leurs œufs. A Ngazidja et Ndzouani, une tortue montant sur une plage pour pondre n’a pratiquement aucune chance de retourner en mer.
Traditionnellement, plusieurs zones de l’archipel ne consommaient pas de tortues en raison d’un interdit alimentaire relié à la religion musulmane. Les migrations inter-îles et le faible coût de la viande de tortue ont modifié aujourd’hui ces habitudes alimentaires. Le prix de la viande de tortue (750 FC/kg) est nettement moins cher que le poisson (2000FC/kg) ou que la viande de bœuf (3500 FC/kg).
De nos jours l’utilisation des bateaux à moteur rend plus facile l’accès aux plages isolées et facilite aussi le transport inter-îles des tortues vivantes. La modification des habitudes alimentaires, la situation socio-économique difficile et les phénomènes de migration inter-îles amènent donc une pression de plus en plus forte sur les tortues marines.
Il faut savoir qu’actuellement, les données sur les tortues à Ngazidja sont très partielles. Les connaissances sur la dynamique des populations des tortues marines, leur cycle de vie, l’état des habitats, les aires d’alimentation, leur rôle écologique et les dangers qui pèsent sur elles son incomplètes. Aucune information n’est disponible concernant leurs migrations et les dangers auxquels elles sont exposées durant ces déplacements.
Aussi convient-il de mettre en place un programme de recherche qui devra fournir les données de base concernant principalement l’identification des populations de tortues vertes, la connaissance de leur distribution, taille et tendance démographique, ainsi que l’utilisation de la zone comme site d’alimentation.
Au niveau du village d’Ouroveni, l’Ong Ulanga-Ngazidja vient de démarrer un travail de renforcement des capacités des parties prenantes pour essayer de trouver d’autres opportunités d’activités génératrices de revenus en vue de baisser la pression sur les ressources halieutiques. L’écotourisme est la porte d’entrée pour amener les jeunes diplômés à s’intéresser au développement endogène de la localité dans le cadre de la commune.
Le braconnage des tortues est important à l’heure qu’il est. Aussi le travail de sensibilisation doit se faire tout au long du processus de mise en œuvre des activités de renforcement des capacités. Il convient de noter que le projet Réseau national des Aires protégées a inclus cette zone dans ses activités pour la mise en place du parc Cœlacanthe. Aussi des synergies doivent se concrétisaient pour éviter les doublons.
Les efforts de conservation des tortues marines risquent d’être moins efficaces si les acteurs ne sont pas bien organisés et si certains secteurs d’activité causent des dommages importants aux populations de tortues marines ou aux habitats.
Mmagaza
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