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des Comores

Entrepreneuriat : Quand la jeunesse décide de rester pour bâtir son avenir

Entrepreneuriat : Quand la jeunesse décide de rester pour bâtir son avenir © : HZK-LGDC

Partir à l’étranger semble souvent être la solution la plus simple. Pourtant, certains jeunes Comoriens choisissent de rester et d’investir au pays. Entre rêves, défis et engagement, leurs parcours montrent que construire ici est un choix courageux et porteur de sens.


Maissara Mohamed Mhoutar, entrepreneure et fondatrice de Maissaevents, a choisi de rester aux Comores pour concrétiser ses ambitions dans l’événementiel. « Ici, il est plus facile de gagner de l’argent si l’on a un projet, la motivation et la confiance en soi », confie-t-elle. Spécialisée dans l’organisation de mariages et la création de bouquets personnalisés, elle insiste : « Beaucoup de ceux qui vivent à l’étranger rencontrent des difficultés. Le travail y est dur, et malgré cela, il reste peu d’argent à cause des dépenses et des impôts. Ici, on peut avoir sa propre maison, économiser et être plus stable financièrement et psychologiquement. » Pour Maissara, le choix de rester est également un engagement envers les jeunes : « Nous sommes l’avenir de notre nation. Personne ne le fera à notre place. » Malgré le manque de produits et de matériaux et les frais de transport élevés, elle reste motivée : « Rien n’est facile dans la vie. Il faut essayer encore et encore. Un jour, les choses changeront et les difficultés disparaîtront. »

Zain Binti Hamidouni, fondatrice de Uzuri Zain, partage cette vision et ajoute : « J’ai choisi de rester parce que je crois profondément au potentiel de mon pays. Répartir aurait peut-être été plus simple, mais construire ici a plus de sens pour moi. » Elle veut valoriser la culture et l’artisanat comoriens et montrer que la mode locale peut briller tout en créant des opportunités pour les autres. Les obstacles sont réels : manque de moyens, de structures, de visibilité et parfois de soutien. « Il faut souvent faire beaucoup avec très peu. Mais ce qui me motive, c’est la vision que j’ai, l’amour de mon art et l’impact que je peux avoir sur la nouvelle génération. » Pour elle, rester n’est pas un hasard : « C’est un choix. Un engagement envers mon rêve, mon art, mon pays et ma famille. Même quand c’est difficile, je sais que ma place est ici, là où chaque effort compte vraiment. »

Said Ansoir, licencié en administration économique et sociale, a décidé de se lancer dans la vente de téléphones. « J’ai choisi de rester pour créer mon avenir ici. Partir aurait été plus simple, mais ce n’est pas là où je peux construire quelque chose qui a du sens », explique-t-il. Les défis sont nombreux : concurrence, manque de soutien et difficultés logistiques. « Mais ce qui me pousse à continuer, c’est la certitude que chaque effort me rapproche de mes objectifs et contribue à mon autonomie », ajoute Said. Ces parcours montrent qu’entreprendre aux Comores demande courage et persévérance, mais que les récompenses dépassent les simples gains financiers. Rester, c’est aussi contribuer au développement du pays, valoriser sa culture et inspirer la nouvelle génération. Comme le disent ces jeunes entrepreneurs : « Nos efforts aujourd’hui construiront le pays de demain ».

Mohamed Ali Nasra

 

 


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