Diplômée en administration réseau, Fatihia Kaboul a choisi de se lancer dans la transformation agroalimentaire. Originaire de Ndrouani Bambao, cette jeune mère de famille développe ComoChips, une marque de chips fabriquées à partir de bananes, de manioc et de fruits à pain. Bénéficiaire du programme « Femmes en Action », elle ambitionne de valoriser les produits agricoles locaux et de créer sa propre entreprise.
Dans un marché largement dominé par les produits importés, Fatihia Kaboul veut faire une place aux chips fabriquées aux Comores. Avec sa marque ComoChips, elle mise sur trois produits agricoles locaux : la banane, le manioc et le fruit à pain. Un choix qui tranche avec son parcours universitaire, puisqu'elle est titulaire d'une licence en administration réseau obtenue à l'Université des Comores. Aujourd'hui institutrice à l'école privée Youmna, cette jeune femme mariée et mère d'un enfant n'en est pas à sa première expérience commerciale. Étudiante, elle revendait déjà des chips pour arrondir ses fins de mois. Une activité interrompue par des difficultés d'approvisionnement. « Je vendais des chips à l'université. Elles avaient bon goût, puis on ne les trouvait plus. Lorsqu'elles sont revenues, ce n'était plus la même marque », raconte-t-elle.
Cette expérience fait naître une idée : pourquoi ne pas produire localement des chips à partir des ressources agricoles comoriennes ? Le déclic survient lorsqu'elle découvre un appel à candidatures du programme « Femmes en Action », mis en œuvre par l'association Girls and Tech Comores pour accompagner les femmes rurales dans l'entrepreneuriat. « J'ai vu une affiche annonçant cette formation et je me suis dit que c'était le moment de me lancer », explique-t-elle. Sélectionnée, Fatihia décide de concrétiser une ambition nourrie depuis l'enfance. « Quand j'étais enfant, je préparais déjà des chips maison à base de bananes vertes. Je me suis alors promis de créer un jour une entreprise de chips aux Comores. » Baptisée ComoChips, son initiative repose sur la transformation de produits agricoles locaux en snacks destinés au marché comorien.
Sans attendre un financement, la jeune entrepreneure commence ses expérimentations à domicile. Conservation, dosage du sel, température de friture et croustillant : elle multiplie les essais pour améliorer ses recettes. Elle profite des sessions de formation pour faire déguster ses premières productions aux autres participantes. « J'ai commencé à fabriquer des chips chez moi pour tester notamment leur durée de conservation. J'en ai apporté à la formation et les retours positifs m'ont encouragée à continuer », témoigne-t-elle. Forte de ces encouragements, Fatihia participe à une première foire organisée au Palais du Peuple par la Maison de l'Emploi. Ses chips séduisent les visiteurs, mais leur emballage suscite des critiques. « Le public a aimé mes produits. Le seul problème concernait l'emballage. Les bénéfices réalisés m'ont permis d'en acheter de meilleurs », précise-t-elle. Une deuxième participation à une foire organisée à Djoumoimdji, à Moroni, confirme son intérêt pour le commerce. « J'ai réalisé un chiffre d'affaires remarquable », se réjouit-elle.
Après plusieurs mois de formation, Fatihia a présenté son plan d'affaires devant le jury du programme « Femmes en Action ». Les candidates sélectionnées pourront bénéficier d'un appui pour développer leurs entreprises. En attendant les résultats, elle poursuit ses activités et cherche à améliorer ses produits. Son principal défi reste de passer d'une production artisanale à une activité structurée, capable de répondre régulièrement à la demande. De la revente de chips importées à la transformation de produits du terroir, Fatihia Kaboul entend désormais faire de son expérience une entreprise durable. Avec ComoChips, elle espère démontrer que les ressources agricoles comoriennes peuvent aussi ouvrir des perspectives entrepreneuriales aux jeunes.
El-Aniou Fatima
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