La Gazette

des Comores

Entreprenariat : Hafifa transforme la patate douce en source de revenus

Entreprenariat :  Hafifa transforme la patate douce en source de revenus © : HZK-LGDC

À Darsalama, Anjouan, Hafifa Abdou, 38 ans et mère de cinq enfants, est l’une des figures de la transformation progressive de l’agriculture comorienne. Longtemps limitée à une production artisanale destinée principalement à subvenir aux besoins de sa famille, son activité a pris une nouvelle dimension grâce au projet CVA, à l’intervention de ses partenaires de mise en œuvre et à l’appui technique du CRDE de Pomoni.


Sans revenu régulier, Hafifa cultivait la patate douce sur de petites parcelles en pente, avec des lianes locales et des techniques rudimentaires. Les rendements étaient faibles, les tubercules souvent emportés par les eaux de ruissellement, et la commercialisation quasi inexistante. « Je dépendais des autres pour les dépenses de la maison. Produire davantage était inutile car je ne trouvais pas toujours d’acheteurs. » Le projet CVA lui a fourni des lianes de qualité, des formations et un accompagnement technique. Hafifa a appris à préparer ses parcelles, espacer les plants, désherber et cultiver même sur des terrains en pente. Avec sa coopérative de Darsalama, elle a planté plusieurs variétés, organisant les récoltes pour mieux gérer la commercialisation.

« Grâce aux conseils des techniciens, j’ai pu installer les lianes dans de meilleures conditions et valoriser un terrain que je n’utilisais pas auparavant. » Les récoltes sont désormais plus abondantes et de meilleure qualité. Hafifa peut nourrir sa famille tout en générant des revenus. Elle participe aux dépenses du foyer et gagne en autonomie. « Aujourd’hui, je me sens plus active et plus utile économiquement. Mes enfants voient que leur mère travaille pour améliorer leurs conditions de vie. » Le projet a encouragé davantage de femmes à s’intéresser à l’agriculture et à exploiter des terrains jusque-là délaissés. Elle appelle ses pairs à oser : « Avec un bon accompagnement, de bonnes pratiques et de la volonté, on peut obtenir de meilleurs résultats. »

L’agricultrice insiste aussi sur l’importance de la commercialisation et de la transformation pour donner plus de valeur à la patate douce. Pour Hafifa, la patate douce est bien plus qu’une culture : c’est une source de nourriture, de revenu et surtout d’espoir. « Avant, j’étais une mère de cinq enfants sans revenu qui cultivait seulement avec les moyens du bord et uniquement sur des terrains à risque ; aujourd’hui, grâce à la patate douce et à l’appui du projet CVA, j’ai une activité, je peux contribuer aux besoins de ma famille et surtout j’ai retrouvé confiance en moi et en mon avenir. »

Hamdi Abdillahi Rahilie


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