Après une carrière riche de 30 ans dans l'enseignement, Athoumane Ahmed, professeur d'anglais et d'espagnol, vient de prendre sa retraite. Pour cet enseignant passionné, ce métier reste noble et profondément émouvant, notamment lors des proclamations des résultats d'examens.
Né à Singani en 1959, Athoumane Ahmed a débuté son parcours dans l'enseignement des langues en 1994. Après des études primaires dans sa ville natale, il a poursuivi ses études secondaires au Lycée Saïd Mohamed Cheikh de Moroni. Diplômé de baccalauréat, il a accompli son service national avant de s'envoler pour le Kenya, puis le Cameroun. À son retour aux Comores en 1993, il commence à enseigner l'espagnol, sa première passion. « C’est par l’espagnol que j’ai commencé à enseigner, en 1994, à l’école privée Mutuelle. En 1997, j’ai ajouté l’anglais à mon enseignement, au lycée de Mbeni », confie-t-il.
La passion d'Athoumane Ahmed pour les langues remonte à sa jeunesse, influencée par son oncle, feu Soulé Abderemane. « Je le voyais enseigner l'espagnol et l'arabe à ses camarades, ce qui a été un déclic pour moi. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me consacrer aux langues », raconte-t-il. Reconnu comme l’un des meilleurs enseignants de langues dans le pays, Athoumane Ahmed a exercé dans plusieurs établissements prestigieux. Parmi les souvenirs marquants de sa carrière, il évoque l’émotion qui l'accompagne chaque année lors de la proclamation des résultats d'examens, notamment du baccalauréat. « Ce moment est à la fois stressant et gratifiant. On se demande si le travail de toute une année portera ses fruits. Parfois, l’attente est si intense que l’on tremble », explique-t-il.
En 2016, Athoumane Ahmed a vécu une désillusion lorsque l’espagnol a été retiré des épreuves du baccalauréat par le ministère de l’Éducation nationale. « En 2012-2013, nous avions atteint des résultats exceptionnels avec plus de 40% de réussite en espagnol. Mais tout s’est arrêté en 2016, lorsqu’une responsable a décidé d’exclure cette langue des examens nationaux, car elle devenait trop populaire », regrette-t-il. Il insiste sur l’importance des langues dans un pays : « Les langues sont essentielles. Si vous ne pouvez pas en introduire de nouvelles, il ne faut pas réduire celles qui existent. Regardez la Chine, il enseigné gratuitement le chinois chez nous, une initiative remarquable. »
Une retraite tournée vers l’avenir
Aujourd'hui à la retraite, l’ancien professeur du Groupe Scolaire Avenir ne perd pas de vue son ambition de toujours : créer un laboratoire de langues. « Ce projet me trotte dans la tête depuis le 11 septembre 2001. J’avais pris des contacts à l’époque, mais je ne sais pas si ces personnes sont encore là. Mon rêve est de fonder un centre dédié à l’enseignement des langues et de continuer à transmettre ma passion », confie-t-il. Pour Athoumane Ahmed, enseigner n’est pas seulement un métier, c’est aussi une manière de rester jeune. « Être entouré de jeunes nous pousse à rester dynamiques, à penser à l’avenir et même à adopter leur style. C’est une façon de s’immortaliser », conclut-il avec émotion.
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