Une plainte citoyenne a été déposée mardi auprès du parquet de Moroni. 630 personnes se sont constituées partie civile dans cette plainte, motivée par l'enquête parlementaire sur la citoyenneté économique et dont le rapport a été remis au chef de l'État. L'enquête judiciaire sera confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie nationale.
« Nous, signataires, de la présente plainte, tous citoyens comoriens, mesurons l’enjeu, la portée de notre initiative et estimons de notre devoir de saisir la justice, pour donner suite à des faits relevés dans l’enquête parlementaire ordonnée par le Parlement de l’Union des Comores », lit-on dans le préambule de la plainte. Les signataires de ladite plainte notent que les faits qui ressortent de l'enquête en question sont constitutifs de détournement des fonds publics, de corruption, d’enrichissement illicite, fraude et ventes de passeports diplomatiques comoriens à des personnalités étrangères.
« L’ouverture d’une information judiciaire contre les auteurs de ces faits serait une étape importante et décisive dans la lutte contre l’impunité à toute forme d’infraction qui font tant de mal à notre pays, les Comores. Nous sommes conscients que la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics est un enjeu hautement sensible mais utile ». Ils assurent que leur démarche est engagée sans passion mais avec détermination, responsabilité et lucidité. « La corruption est un fléau qui préoccupe tous les Comoriens car ses conséquences polluent et compromettent sérieusement le développement et l’avenir de notre pays, les Comores », remarquent-ils.
« Elle affecte sérieusement la confiance des citoyens comoriens en ce qu’elle touche non seulement le système économique, dont la règle principale est la liberté, mais aussi la démocratie, qui, nous le rappelons, a pour finalité de promouvoir et maintenir les personnes les plus capables aux commandes des intérêts de la nation, du peuple comorien et qui sont reconnues pour leur réputation d’être justes et intègres et qui se veulent régies par la règle de la primauté du droit sur le pouvoir », poursuivent-ils. Et les signataires de faire un rappel sur l'état des lieux aux Comores sur la corruption, le détournement des deniers publics qui semblent ne pas émouvoir grand monde depuis l'accession des Comores à leur indépendance. « Alors que ces faits compromettent sérieusement les fondements d’un État de droit, de la démocratie aux Comores, hypothéquant ainsi le progrès social et maintiennent la population comorienne dans un état de pauvreté extrême », a-t-on indiqué.
A les en croire, la démarche « traduit une forte volonté des citoyens comoriens de lutter sérieusement contre la corruption, le trafic d’influence, les détournements des fonds publics, l’enrichissement illicite, le favoritisme, ou toute forme d’activité illicite qui compromet les intérêts de l’État comorien, ceux des opérateurs économiques et de la population en général ». Pour eux, leur « action vise à lutter contre la corruption, les détournements des fonds issus du programme de citoyenneté économique, l’enrichissement illicite, ventes frauduleuses des passeports diplomatiques comoriens à des personnalités étrangères, le favoritisme ou toute activité illicite qui portent atteinte aux intérêts des Comores et des Comoriens ». On apprend par la suite que l'enquête judiciaire sera confiée à la gendarmerie nationale. Des auditions des plaignants, parties civiles, seront programmées à partir de la semaine prochaine.
Maoulida Mbaé
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
