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des Comores

Energies renouvelables (Reportage) De belles initiatives solaires à Ngazidja

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Energies renouvelables (Reportage) De belles initiatives solaires à Ngazidja © : HZK-LGDC

L’Union des Comores a décidé de se tourner vers les énergies renouvelables. Des initiatives ont été entreprises dans ce sens dans différentes villes et villages de la Grande Comore. Reportage à Mitsamiouli et Ouzioini.


Le Centre hospitalier de Mitsamiouli fait partie des rares entités à s'être tourné vers les énergies renouvelables. Depuis mars dernier, cet hôpital situé à 40 Km de la capitale de Ngazidja a procédé à l’installation d’une centrale solaire comptant 72 panneaux solaires et 24 batteries. Aujourd’hui, cette source d’énergie assure le fonctionnement de cet hôpital de 87 lits. « La centrale a permis le développement de l’hôpital. Avant, on avait des soucis avec l’électricité vu que la Ma-mwé n’arrivait pas à nous en fournir de manière régulière », explique Azadinou Bacar, le directeur général du centre. 

L’énergie solaire est utilisée dans l’ensemble des services à l’exception de la radiologie, du bloc opératoire et du service de stérilisation qui exigent plus d’énergie. « On avait recours aux générateurs ou bien aux bougies lorsqu'il y avait une coupure de la Ma-mwé. Avec le solaire, les patients se sentent plus à l’aise », précise le directeur.

A quelques mètres de cet hôpital se trouve le service de la maternité. "Grâce à cette mini centrale solaire, les accouchements se déroulent dans de meilleures conditions", déclare Laila Himidi, la major du service de maternité. 

Elle ajoute: "Avec le solaire, on a plus de facilité pour travailler, surtout quand il s'agit de cas délicats comme la réanimation des enfants ou bien les naissances difficiles qui nécessitent des ventouses".

Certes, le service manque de matériel mais cette sage femme de formation a connu bien pire : « On avait d’énormes difficultés en l’absence de source d’énergie. Des fois, le pire se produisait. Des bébés mourraient parce qu'on n’avait pas pu les réanimer ». 

Au centre de la ville, l’association pour le Rassemblement des Mitsamiouliens (Rasmi) s’est tournée également vers le solaire pour l’éclairage public. Une vingtaine de poteaux ont été installés le long de la route principale, par l’association ou par des particuliers qui marquent symboliquement leurs noms sur les poteaux. "Le fait d'être éclairé comme ça est source de sécurité mais aussi une opportunité pour la population de faire du commerce le soir", explique Soilih Mhadjou, un jeune de Mitsamiouli. 

C’est dans cet esprit que le gouvernement comorien, avec l’appui de la Commission de l’Océan Indien, envisage de se tourner vers la mixité énergétique. C’est à dire coupler plusieurs énergies renouvelables et se détacher progressivement des énergies fossiles que sont le diesel ou le fioul lourd. 

Actuellement, le pays utilise 1% d’énergies renouvelables et veut atteindre les 55% d’ici l’horizon 2030. A Ouzioini, le centre hospitalier a fait les premiers pas en installant 6 panneaux solaires et 6 batteries pour son fonctionnement. Mais cette mini-centrale commence à perdre de son autonomie. "Au départ, on fonctionnait 24h/24h avec le solaire. Mais ces derniers temps, les batteries ne fonctionnent que 3h de temps par jour" regrette le Dr Abdouloihab Mohamed, médecin en chef de l’hôpital. "Avec ces conditions, on a vraiment du mal à fonctionner. Des fois, les patients sont privés d’éclairage ou bien on a du mal à faire nos analyses", poursuit ce cardiologue de formation.

À l’école publique d’Ouzioini située à quelques mètres de l’hôpital, les élèves nagent au contraire dans le bonheur. L'établissement possède 32 panneaux solaires avec 8 batteries et permet en plus aux élèves d'y suivre des cours de soutien, la nuit. 

La directrice des énergies renouvelables à la vice-présidence en charge de l’énergie encourage la population à utiliser davantage de telles solutions. Selon elle, le pays regorge d’énormes potentiels en énergie renouvelable. La géothermie à la Grande Comore, le solaire dans les trois îles, l’hydraulique à Anjouan et l’énergie éolienne. « Il ne faut pas s'arrêter à l’électricité de la Ma-mwé. On veut inciter les gens à s’équiper en énergie solaire et encourager les communautés à continuer dans ce sens. On espère avoir assez de ressources pour pouvoir les accompagner dans leur initiative », explique Farida Ahmed Karim, la directrice des énergies renouvelables à la vice-présidence en charge de l’énergie.  

Dans ce sens, les Comores sont soutenues par la Commission de l’Océan Indien qui appuie également Maurice et Madagascar à travers 17 projets dont 4 dans notre pays. Parmi eux, on peut citer un projet sur la filière Ylang-Ylang. Il s’agit de former 100 agents sur les techniques de la distillerie et sur le projet entrepreneurial. Un programme sur les déchets domestiques (voir par ailleurs) et un autre sur les cuiseurs autonomes ont également été lancés. Aujourd’hui, les Comores et Madagascar importent 90% de leur énergie commerciale, Maurice 52% de produit pétrolier et 95% pour les Seychelles.

Cela a de graves répercussions sur le coût de l’énergie (en particulier l’électricité), la balance de paiements, la situation financière des compagnies d’électricité et les budgets de l’Etat.

 

Mohamed Youssouf

 

Encadré

Le Karthala, l’espoir pour sortir du noir

Les Comoriens misent beaucoup sur la géothermie pour disposer d’une énergie stable et pérenne. La géothermie est cette vapeur qui sera récupérée au cœur du Karthala pour en faire de l’électricité. En Grande Comore, le besoin en électricité est estimé à 13 mégawatt pour éclairer l’ensemble de la population ; or selon les premières études, le Karthala pourrait produire jusqu'à 45 Mégawatts ! Le Bureau Géologique des Comores a terminé ses études de surface. Actuellement, il recherche les fonds pour entamer les forages de 1600 à 1900 m de profondeur, les réservoirs d’eau, les études environnementales et la route d’accès. Le coût est estimé à 47 millions de dollars. Le Bureau Géologique des Comores assure détenir 45% de la somme et cherche encore le moyen de compléter le reste. « Cette phase 2 nécessite beaucoup d’infrastructures. Si on arrive à avoir les fonds, on sera au rendez-vous en 2022 », assure Mohamed Chaheire, le directeur technique au BGC. Il faudra ensuite construire la centrale électrique, dont le coût est estimé à 73 millions de dollars.

 

MY

 


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