Le gouvernement comorien, par le biais du vice-président en charge des télécommunications, oblige le nouvel opérateur Telma Comores à doubler son effectif d’ici l’année prochaine. Lors de la cérémonie marquant le premier anniversaire de Telma aux Comores, Patrick Pisal-Hamida, sans langue de bois, a dit la position de la société quant à la demande des autorités.
Comme s’il savait en avance ce dont parlera le vice-président en charge des télécommunications, Patrick Pisal Hamida, administrateur général Telma Comores, annonce clairement la couleur.
D’abord sur l’arrivée de Telma aux Comores. Une arrivée qui a suscité plusieurs polémiques notamment chez l’opérateur historique qui voyait en l’attribution de la licence à Telma, une épée de Damoclès. Des « batailles permanentes, incessantes » que l’administrateur de Telma, basé à Madagascar ne peut « pas » passer sous silence : « Alors à ces détracteurs, oui je l’avoue nous avons fait sauter les verrous mais pas pour entrer dans le monde de la préhistoire. Plutôt pour vous en faire sortir. Oserais-je dire, pour vous faire émerger », a-t-il lancé devant les invités.
Telma a aussi annoncé l’ouverture prochaine de cybercité aux Comores « pour être au rendez-vous en 2030 avec des universités numériques pour des Comoriens mieux formés ici, avec des hôpitaux connectés pour des Comoriens mieux soignés ici, avec une administration efficace et de proximité, avec un écotourisme de référence mondiale. (...) Quand on parle de développement numérique, on pense à vos entreprises…, aux étudiants. Ce que nous faisons à Madagascar, permettre aux étudiants de pouvoir accéder aux contenus pédagogiques de partout dans le monde (Paris, Berlin, Washington…, nous pouvons le faire ici, en Union des Comores, maintenant », a promis l’opérateur.
Pour ce qui est de l’effectif, Pisal-Hamida semble dire que la société n’a, en tout cas pour le moment, aucunement besoin de recruter tant les services sont pleinement assurés. « Notre modèle, ce n’est pas de devenir un Etat dans l’Etat avec des milliers de personnes, avec des 4*4 rutilants, le tout payé par vous (abonnés) avec des prix exorbitants », avait-il déclaré, s’adressant dans ce message à peine voilé à Comores Telecom.
« Notre modèle, poursuit-il, c’est l’efficacité avec une équipe efficace, optimisée et qui utilise les meilleures technologies pour vous offrir des offres de qualité au meilleur prix ».
Mais Telma se fera prendre de court. Intervenant en dernier, juste après Patric Pisal-Hamida, le vice-président chargé des télécommunications a appelé le nouvel opérateur à… doubler son effectif. « Il faut que vous doubliez l’effectif. Oui, doublez parce que ce n’est pas la poignée de personnes que vous employez actuellement qui vont nous permettre d’émerger dans le secteur des Tics. Je sais que vous allez me parler de technique et d’efficacité, mais que l’effectif augmente dans la société », a insisté le vice-président, donnant à Telma jusqu’en 2018 pour exécuter son injonction.
Aussitôt arrivé au pouvoir, le régime en place a procédé à des licenciements massifs dans l’administration et différentes sociétés d’Etat. Plus d’un an après, aucune perspective d’emploi n’est encore offerte à la jeunesse. La promesse de campagne selon laquelle « un jeune, un emploi » est loin d’être une réalité.
Toufé Maecha
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