Une note interne signée par le président de l’Université des Comores limite à 30 le nombre des étudiants inscrits en Master. Une décision que contestent les étudiants, qui demandent des mesures correctives de la part du ministre de l’éducation nationale.
Une note interne signée par le président de l’Université des Comores limite le nombre des étudiants inscrits en master à 30 et empêche les étudiants de se présenter aux concours en instaurant une étude préalable dont les modalités ne sont pas claires. Des étudiants de droit et de science économique dénoncent cette décision de l’administration universitaire et l’appelle à la raison.
« Limiter le nombre d’étudiants à 30 pour le Master, c’est condamner les nouveaux sortants de l’université. Et ce n’est pas de cette manière qu’on va aller vers l’émergence tant souhaitée par le président de la République », déclare Ali Msaidie, un tout nouveau licencié en droit à l’Université des Comores. Ces étudiants ont montré aussi que le président de l’UDC en prenant cette décision a violé la loi portant orientation et organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans ses dispositions de l’article 16 alinéa 2 qui prévoit que « les conditions d’accès aux cycles et filières, les régimes des études, les modalités d’évaluation et les conditions d’obtention des diplômes sont proposées par le conseil scientifique de l’institution concernée pour approbation par le ministère de l’éducation nationale en charge de l’enseignement supérieur ».
Ces nouveaux sortants de l’UDC menacent de boycotter les cours si une solution n’est pas trouvée dans des délais raisonnables. « On a le droit de faire ce master car c’est nous qui sommes en passage. Et venir nous dire qu’on va rester sans rien faire, ce n’est pas acceptable. On ne va pas se laisser faire », poursuit-il. Un autre étudiant a montré à son tour que parmi ces 30 étudiants seuls les 15 étaient des nouveaux sortants et que les 15 autres étaient déjà des travailleurs.
« C’est par ce genre de décision qu’on pousse les jeunes à lâcher prise et abandonner leurs études et briser par la suite leurs rêves », s’insurge Amina Youssouf, une licenciée en droit. Ce groupe d’étudiants s’est adressé à travers une lettre au ministre de l’éducation nationale, mais toujours sans réponse. Un rendez-vous avec le président de l’UDC a été pris, mais sans réponse non plus. « Si on attend jusqu’au 30 octobre sans avoir une issue favorable, tout sera perdu pour nous. Et cela va nous condamner », ajoute-elle.
De son côté, le Syndicat des Enseignants de l’Université (SNEUC) a écrit à son tour au ministre de l’éducation nationale sur cette note interne du président de l’UDC. Ils ont montré que ces dispositions prises par le président de l’UDC sont illégales et en rupture totale avec la loi relative à l’enseignement supérieur car le conseil scientifique et le MEN n’y étaient pas associés. « Ces mesures empêchent certains étudiants comoriens de poursuivre leurs études à l’UDC contraignant d’autres de suivre des formations ne correspondant pas à leurs profils et à leurs aspirations, et entrainent la fermeture pure et simple de certains département tels que l’IFERE et génie civile à Mohéli », lit-on dans cette missive adressée au ministre l’appelant à prendre des mesures correctives pour l’intérêt de tous.
Mohamed Youssouf
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