Le ministère de l’éducation nationale, en partenariat avec l’Unicef et avec l’appui financier de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), a organisé le 23 avril dernier un atelier de co-définition consacré à l’élaboration d’outils pédagogiques visant à intégrer les enjeux du changement climatique dans l’enseignement préscolaire et primaire aux Comores. L’objectif est de former des générations conscientes des enjeux climatiques et capables d’agir pour renforcer la résilience.
« Nous évoluons dans un contexte mondial marqué par une triple crise : le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Parmi ces défis, le changement climatique est le plus pressant pour les enfants, car ils en subissent déjà les effets au quotidien. Cyclones, inondations, sécheresses et vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels. Ils affectent directement la vie des familles, les moyens de subsistance et, surtout, la scolarité des enfants », a déclaré Emmanuelle Collet, représentante adjointe de l’Unicef Comores. Elle a souligné que « cette réalité est malheureusement très tangible. L’insularité, la forte exposition aux aléas climatiques et la vulnérabilité des infrastructures rendent les enfants particulièrement à risque. Les chocs climatiques menacent leurs droits fondamentaux : le droit à l’éducation, à la santé, à la protection et à un environnement sain. Les enfants vivant en milieu rural ou en situation de handicap sont souvent les plus durement touchés. Notre responsabilité collective est de veiller à ce qu’aucun d’entre eux ne soit laissé pour compte ».
« Face à ces enjeux, l’éducation est un levier essentiel. Intégrer l’éducation climatique dès la petite enfance n’est plus un enjeu secondaire : c’est une nécessité. Former les enfants aujourd’hui, c’est renforcer la résilience des communautés demain. C’est leur donner les connaissances, mais aussi les attitudes et les comportements qui leur permettront de s’adapter et d’agir », a-t-elle précisé. « Ce projet ambitionne d’atteindre en priorité les enfants les plus vulnérables, en renforçant l’accès à des services sociaux essentiels, à des infrastructures éducatives résilientes face au climat, ainsi que la qualité des services éducatifs. L’atelier vise à appuyer l’élaboration d’un cadre curriculaire pour l’action climatique, ainsi que des supports pédagogiques pratiques destinés aux enseignants et aux élèves. Ces outils devront permettre d’aborder le changement climatique non comme un concept abstrait, mais comme une réalité observable, compréhensible et à laquelle les enfants peuvent répondre par des actions simples et adaptées à leur quotidien », a-t-elle expliqué. Elle a réaffirmé l’engagement de l’Unicef aux côtés du gouvernement de l’Union des Comores pour bâtir un système éducatif plus résilient protecteur et porteur d’avenir pour chaque enfant.
Pour le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Saïd Soulé, a rappelé que « le monde fait aujourd’hui face à des catastrophes naturelles liées au changement climatique. Ces phénomènes nécessitent des études approfondies afin de mieux s’y préparer et de mieux s’en protéger. Cela demande des bases solides qui doivent être posées dès l’enfance ». Il s’agit d’améliorer « non seulement ce que les enfants apprennent, mais aussi les environnements dans lesquels ils apprennent. Cela implique de renforcer la résilience climatique des écoles, de promouvoir des normes de construction adaptées, d’intégrer la gestion des risques de catastrophes et de reconnaître les écoles comme des infrastructures essentielles pour les communautés », dit-il. Une démarche qui s’inscrit dans les engagements nationaux et internationaux de l’Union des Comores, notamment les Objectifs de développement durable et le Plan Comores Émergent.
Nassuf Ben Amad
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