C’est avec une profonde tristesse que l’Union des Comores a appris le décès d’Anfani Hamada Bacar, survenu dans la nuit du jeudi 26 mars 2026 à son domicile de Moroni. Ancien ministre de la Justice, député et figure marquante de la vie politique nationale, il laisse le souvenir d’un homme au parcours aussi brillant que récemment éprouvé par de lourdes épreuves.
Né le 25 septembre 1975 à Miringoni, sur l’île de Mohéli, Anfani Hamada Bacar s’est distingué par une solide formation académique, couronnée par l’obtention d’un DEA en géographie à l’Université de Toliara. Après avoir exercé en tant qu’enseignant et expert en développement, il s’engage pleinement en politique au sein de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC). Élu député pour la législature 2020-2025, il occupe plusieurs fonctions importantes, notamment celle de rapporteur de la Commission des finances, avant de devenir vice-président de l’Assemblée de l’Union. Son parcours atteint son apogée avec sa nomination au poste de ministre de la Justice, Garde des Sceaux, entre 2024 et début 2026, période durant laquelle il a tenté de porter des réformes institutionnelles.
Cependant, l’année 2025 marque un tournant difficile. En juillet, alors qu’il est encore en fonction, son nom est cité dans une affaire grave : une plainte pour viol et actes de cruauté déposée par une jeune femme de 27 ans, Raanti A., réfugiée en France. Ces accusations, largement relayées par la presse internationale, notamment par Le Monde, provoquent une onde de choc. L’ancien Garde des Sceaux a toutefois fermement nié toute relation intime avec la plaignante. Dans ce contexte tendu, la pression liée à cette affaire aurait fortement affecté son état de santé. Peu après, il est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), nécessitant une évacuation sanitaire d’urgence vers le Kenya pour recevoir des soins spécialisés. Très affaibli, il regagne par la suite Moroni, où il s’est finalement éteint quelques mois plus tard.
Malgré les controverses, plusieurs de ses pairs retiennent de lui un homme « courtois et disponible ». Le secrétaire général du gouvernement, Nour El-Fath Azali, a salué « un compagnon de route et un ami fidèle », soulignant son engagement en faveur de Mohéli et de la nation au sein de la CRC. Anfani Hamada Bacar laisse derrière lui une épouse et quatre enfants. Le président de l’Assemblée ainsi que le gouvernement ont adressé leurs condoléances à sa famille, rendant hommage à un homme qui, jusqu’au terme de son parcours, aura servi l’État comorien.
Nassuf Ben Amad
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