Samedi en fin de matinée a été annoncé le décès à l’hôpital El-Maarouf de Moroni de l’homme politique, Dr Said Youssouf Soilihi. Il est né le 09 janvier 1957 à Ntsaweni dans l’ile de Ngazidja. En 1986, il décrochait un doctorat de 3e cycle en Sciences économiques, en économie du Développement rural à l’Université-Montpellier I en France.
Youssouf Said était avant tout un militant politique de la première heure. Il a fait ses premiers pas en politique, dans le sillage du Mongozi Ali Soilihi. Donc il fut un adepte tout au long de sa vie. Au cours de cette période, il avait occupé les fonctions de Secrétaire général du Comité populaire régional de Ngazidja, avant d’être nommé en janvier 1977, membre du bureau exécutif du comité populaire national. Par la suite, il fut tour à tour député, ministre, maire, enseignant de l'Université des Comores cela après avoir occupé des postes à l’international au niveau des organes de la Francophonie notamment au Gabon.
A l’international, il a eu à occuper les postes de consultant international auprès de l’Institut Panafricain pour le Développement (I.P.D.) à Genève en Suisse. Au niveau de l’Organisation internationale de la Francophonie. (O.I.F), il a été directeur du Programme Spécial de développement, directeur Régional Afrique centrale et Océan indien. Il fut un temps Économiste national au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Moroni.
Un ancien responsable de l’Assemblée, nous a déclaré qu’ils avaient milité ensemble au début des années 90 et que c'était un homme déterminé pour la réalisation des projets auxquels il adhérait et participait, citant l’exemple de l'hôpital de Ntsaweni. Il a été entre autres président du Conseil économique et Social de Ngazidja, ministre des Finances, de l’Économie, du Commerce, du Plan, de la Coopération décentralisée, du Tourisme et de la Diaspora, de l’Ile autonome de Ngazidja, Premier Vice Président de l’Assemblée Nationale et Membre de la Commission des lois.
Il pense que « Contrairement à beaucoup dans l'élite comorienne, il était aussi sur le terrain, auprès des paysans et des pêcheurs. Il militait et ne se contentait pas des tribunes et des conférences de presse, d'où l'attachement de ses nombreux fidèles dans les couches humbles de la population. Cela ne l'empêchait pas de revendiquer ce qu'il pensait lui revenir de par le mérite de son engagement et de son expérience. Il était ambitieux dans le bon sens du terme ».
L’autre face de Youssouf Said, était son engagement sans faille dans l’encadrement des étudiants, dans son domaine de prédilection qu’est l’économie. Youssouf Said a été un fervent opposant au régime en place. Mais il a toujours su garder son rôle d’éducateur dans tous ses combats et pour une prise en compte de l’expertise au service du développement.
Il a écrit deux livres l’un en octobre 1988 intitulé : « Comores, les défis du développement indépendant – 1975-1978 et l’autre en avril 2000, dont le titre est : « Ali Soilihi, l’élan brisé ? ». Les deux ouvrages ont été publiés aux éditions l’Harmattan à Paris. Un de ses enfants, sa fille Maliza, qui est avocate, travaille actuellement au Bureau d’Expertises-France à Moroni où elle est cheffe du « projet Diaspora France-Comores », un projet d’appui au renforcement des partenariats avec les diasporas entrepreneuriales comoriennes.
Mmagaza
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