La Gazette

des Comores

Déchets dangereux : L’océan Indien cherche une réponse commune

Déchets dangereux : L’océan Indien cherche une réponse commune © : HZK-LGDC

Les Comores, les Maldives, Maurice et les Seychelles ont confronté leurs expériences à Nairobi sur un défi : encadrer les produits chimiques dangereux et les déchets toxiques. Dans le cadre du projet GEF-ISLANDS océan Indien, les quatre pays veulent accélérer les solutions avant la clôture en 2027.


Les produits chimiques dangereux et les déchets toxiques, tels que les plastiques, les huiles usagées, les véhicules hors d’usage, les déchets électroniques, les batteries et les déchets biomédicaux, représentent un défi majeur pour les petits États insulaires en développement. En cas de mauvaise gestion, ces déchets peuvent libérer des substances chimiques dangereuses, notamment des polluants organiques persistants (POPs) et d'autres composés toxiques, présentant des risques importants pour les écosystèmes marins, la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé humaine. Soutenir les Comores, les Maldives, Maurice et les Seychelles dans la mise en place de systèmes de gestion durable de ces déchets est au cœur du projet ISLANDS, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). C’est dans ce cadre que les parties prenantes se sont réunies à l’occasion de la réunion annuelle du projet ISLANDS Océan Indien, organisée le 24 juillet à Nairobi, au Kenya.

 

Plus de trente participants ont pris part aux travaux, y compris des représentants nationaux responsables du PNUD, de la Commission de l’océan Indien (COI), du FEM, du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de Business Mauritius étaient également présents. Déployé de 2023 à 2027, GEF-ISLANDS océan Indien dispose de 13,4 millions de dollars. Au centre des discussions : renforcement de la gestion des déchets toxiques, accès à des traitements adaptés, optimisation du transport et de la valorisation, et place du secteur privé dans la transition vers l’économie circulaire. Le projet mise sur politiques publiques, capacités nationales et sensibilisation pour réduire les risques, préserver les écosystèmes et promouvoir une économie circulaire inclusive et non toxique. La coopération régionale est incontournable. « La gestion sûre des produits chimiques et des déchets dangereux ne s’arrête pas aux frontières nationales », a rappelé Anfani Msoili, chef du département Environnement et changement climatique de la COI. La COI veut favoriser le partage des connaissances et créer une plateforme sur l’économie circulaire. Place importante au secteur privé.

 

Pour Amandine de Rosnay, responsable développement durable et croissance inclusive à Business Mauritius, la participation des entreprises ne doit pas se limiter aux rencontres. Les opérateurs doivent identifier les problèmes, tester des solutions, investir dans l’innovation et assumer les conséquences environnementales, condition indispensable pour des mécanismes de collecte, traitement et valorisation en milieu insulaire. Du côté du PNUD, Clara Mottura, Coordinatrice régionale ISLANDS basée aux Comores, a rappelé la mission et la nécessité de sensibiliser aux risques, dont le brûlage à ciel ouvert : « la mauvaise gestion des déchets ne pollue pas seulement les terres et les océans ; elle affecte la santé des populations. C’est pourquoi nous travaillons à la fois sur les politiques publiques, les infrastructures et la sensibilisation ». Visite du centre de récupération de Korogocho à Nairobi, exemple de gestion communautaire.

 

À l’approche de la dernière phase, le FEM invite à mieux documenter résultats et bonnes pratiques. Jewel Joy Batchasingh, spécialiste environnementale du FEM, a appelé à renforcer la communication et le partage des connaissances pour conserver les enseignements et les répliquer dans d’autres petits États insulaires. Les partenaires ont convenu d’accélérer les activités, renforcer les cadres réglementaires et favoriser les technologies adaptées. Par une collaboration continue entre gouvernements, institutions régionales, secteur privé et partenaires au développement, ISLANDS entend démontrer que l’action collective est un levier puissant pour des bénéfices environnementaux et socio-économiques durables, au profit des générations présentes et futures.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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