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Décapitation de Brando à Anjouan: La commission des droits de l’homme pointe du doigt la justice

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Décapitation de Brando à Anjouan: La commission des droits de l’homme pointe du doigt la justice © : HZK-LGDC

La commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) estime que ce qui s’est passé à Anjouan est dû au sentiment de méfiance de la population à l’égard de la justice qui est souillée de plusieurs dysfonctionnements. Pour lui, la justice devait prolonger la garde à vue du prévenu en attendant que les tentions se calment, au lieu de se laisser « emporter par le sentiment de la rue ».


« La réaction du peuple est la conséquence de ce sentiment de méfiance à l’égard de la justice. Toutefois, on ne doit pas laisser ce sentiment nourrir les citoyens. Les magistrats doivent en prendre conscience et agir et redorer vite le blason de la justice », clame le président de la CNDHL, Ahmed Mohamed Allaoui, interrogé par La Gazette des Comores et HZK-Presse, hier suite à la décapitation de Brando, à Mutsamudu mardi passé. M.Allaoui, se dit révolté par les traitements inhumains réservés aux détenus dans les brigades, « non seulement c’est une violation des droits, mais c’est aussi une infraction », a-t-il avancé.

 Rappelons que la veille du lynchage, les forces de l’ordre ont déshabillé le prévenu et ont posé avec lui devant les objectifs des appareils photo, de manière très ostentatoire. Le lendemain, jour du drame, les gendarmes ont emmené le prévenu au palais de justice pour son audience. De sources officielles, Hombo était mis au parfum de la tension aux alentours du tribunal, la population attendait de pied ferme le prévenu. Et malgré tout ça, ils ont  audacieusement osé l’y emmener.

 « Il y a eu une négligence des forces de l’ordre. S’ils avaient la ferme volonté de le protéger, les choses ne se seraient pas passées ainsi », dénonce le président de la CNDHL avant de détailler que dans n’importe quel événement, il faut réunir trois éléments essentiels, avant une quelconque action: la nécessité, la proportionnalité et la finalité. Allaoui se demande si, eu égard à la situation, la justice ne devait pas prolonger la garde à vue, voire même une détention provisoire du prévenu, au lieu de prendre le risque de le juger.

 Aucune de ces voies n’ayant été suivie malgré les tentions palpables, le président de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés pense que la justice et les forces de l’ordre « ont agi rapidement parce qu’ils étaient emportés par le sentiment de la rue ».

 Ce qui est malheureusement le cas. L’irréparable étant commis, la CNDHL entame dès aujourd’hui des rencontres avec les autorités concernées afin de proposer les solutions et réparations du drame.

 Depuis que les Comores sont indépendantes, seulement deux exécutions officielles de la peine de mort ont eu lieu. Taoufik en 1997 sous le régime de Taki, et Soulé Mra Mngu en 1977 à l’époque d’Ali Soilih Mtsachiwa. Une disposition qui est toujours en vigueur aux Comores et à la quelle s’oppose farouchement la CNDHL.

 

Toufé Maecha

   

 

 

 


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Commentaires (3)

  1. Soulaimana houbabbi:
    14/07/2016 à 03:51 AM

    Ce qui vient de ce passer à Anjouan est tout simplement impensable. Je pense que la question de sécurité doit être au menu du gouvernement pour trouver une solution perenne à cette question crucial. Je pense même que des assises national doivent être organiser pour stopper la montée en puissance de la violence aux Comores.

    1. moustoifa said:
      16/07/2016 à 01:21 AM

      -cruciale et non pas crucial;
      -nationale et non pas national
      -doivent être organisé et non pas organiser

  2. Mcomore:
    15/07/2016 à 01:32 AM

    Je n'aime pas cette commission. Ce sont des clowns. Quelle est sa réaction sur les événements de Mayotte?