La Gazette

des Comores

Droit de vote : La diaspora priée d’attendre

Droit de vote : La diaspora priée d’attendre © : HZK-LGDC

Le recours déposé par Me Maliza Said Soilihi auprès de la Cour suprême pour demander l’application du droit de vote de la diaspora est déclaré « irrecevable » pour « défaut de qualité ». La requérante ne compte pas jeter l’éponge.


Les Comoriens de l’extérieur doivent prendre leur mal en patience avant de pouvoir jouir de leur droit de vote.  La Cour suprême vient de rejeter la requête de Maliza Youssouf Said, une avocate qui avait demandé à la haute juridiction d’enjoindre les autorités à appliquer le droit de vote de la diaspora, garanti par le code électoral. Sans surprise, samedi dernier la Cour a suivi le réquisitoire du procureur général qui avait une semaine auparavant requis l’irrecevabilité dudit recours. « On tente de nous faire croire que seuls le président, les gouverneurs et 1/3 des députés ont le droit de saisir la Cour suprême. N’oublions pas que c’est lorsqu’il s’agit uniquement de constater la constitutionnalité d’une loi [que seules les personnes citées ci-haut sont habilitées à saisir la Cour]. Sauf que ce n’était pas mon cas. J’ai demandé à ce qu’on puisse vérifier que les droits fondamentaux ne sont pas respectés. Si maintenant on nous dit que les citoyens ne peuvent pas réclamer l’application de leurs droits fondamentaux, alors il y a un véritable problème dans ce pays et je le déplore », regrette la requérante peu après que la messe est dite.

 

Me Maliza ne compte pas s’arrêter là. Comme la Cour lui reproche de ne pas avoir la qualité nécessaire pour se faire le porte flambeau du droit de vote de la diaspora, elle envisage de changer d’approche auprès de la haute juridiction, mais aussi saisir les institutions internationales.

 

Pour rappel, celle qui exerce ses fonctions d’avocat à la fois aux Comores et en France avait tout simplement demandé l’application de la loi laquelle accorde aux Comoriens de l’extérieur le droit de voter. Cette possibilité a beau être avancée par les régimes successifs à chaque période électorale, sans doute pour s’attirer la bénédiction d’une diaspora très influente aux Comores malgré les plus de 7000 kilomètres de distance, sans jamais être suivie d’effet. Sauf que désormais ce n’est plus une question de promesse car la disposition est bel et bien introduite dans le nouveau code électoral, promulgué début 2023. A l’approche des élections présidentielle et gubernatoriales de 2024, force est de constater que ladite disposition reste lettre morte. Un conseiller juridique du chef de l’État avait estimé que « si aujourd’hui la diaspora ne participe pas aux élections, c’est forcément dû à un problème logistique ».

 

Andjouza Abouheir

 

 

 


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