Les techniciens de l'aviation civile ressortent l'argument sûreté sur le dossier Inter îles Air. Dans une conférence de presse tenue hier mardi les inspecteurs air de l'Anacm ont nié avoir une dent contre les compagnies nationales. Ils exigent à ces dernières de se soumettre aux règlements de la navigation aérienne au nom de la sûreté et de la sécurité des vols.
24 heures après la publication d'une tribune par le patron de la compagnie inter îles Air qui accuse l'Anacm de vouloir sa perte, les techniciens de l'autorité régulatrice s'expriment et rejettent d'un revers de la main toute accusation. « L'aviation civile n'est pas un exploitant aéronautique, c'est une autorité régulatrice. Elle est là pour faire respecter les normes de la sûreté et de la sécurité des aéronefs », a déclaré Ezidine Youssouf inspecteur air de l'Anacm.
Pour Nassur Ben Ali directeur de sécurité des vols, la note d'information adressée par l'Anacm ne serait pas nouveau : « nous échangeons régulièrement avec cette compagnie sur les garanties en ce qui concerne la sûreté et la sécurité ». D'après-lui le problème qui se pose « est un problème de sécurité et non un problème entre l'autorité régulatrice et une quelconque compagnie », a-t-il dit en ne se privant pas de donner quelques notions de transport aérien.
« Aujourd'hui Inter îles possède un appareil monomoteur. Et il y a donc deux conditions pour une caravane Csna 208 qui possède 12 sièges. Maintenant quand un avion monomoteur selon la réglementation comorienne et la réglementation internationale transporte au delà de neuf passagers, il doit avoir des équipements spécifiques et nous l'avons fait savoir à Inter îles, qui devait posséder ces équipement à défaut, inter îles ne devait transporter que neuf passagers », a expliqué l'inspecteur air de l'Anacm.
A l'entendre la route imposée à cette compagnie pour la desserte intérieure est la plus conforme pour la sécurité et la sûreté d'un monomoteur comme celui exploité par la compagnie Inter-îles Air. A noter que pour se rendre dans les autres îles au départ de Hahaya, les aéronefs survolent le col de Diboini, le chemin le plus économique. Un trajet dangereux pour les monomoteurs qui risquent une collision avec les montagnes en cas de perte de moteur, d'après ces techniciens.
« Raison pour laquelle une nouvelle réglementation leur enjoint de passer par la mer, car en cas de perte de moteur l'appareil peut faire un vol plané, pour retourner sur l'aéroport de départ ou un autre de dégagement », fait savoir M. Youssouf.
Pour rappel, le directeur général d’Inter-îles dans un long post publié dans les réseaux sociaux et repris par la presse nationale s'est inquiété sur le sort réservé à sa compagnie « la dernière survivante » après l’immobilisation d'Ab Aviation depuis le 15 janvier (lire notre édition du 25 juillet 2017). Un débat qui est loin d’être clos pour tous ceux qui s'intéressent des près au secteur du transport aérien comorien, et la problématique récurrente de la circulation des personnes et des biens dans un pays insulaire comme les Comores.
Maoulida Mbaé
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