La Gazette

des Comores

Distribution du pétrole : Entre contrôle et mécontentement

Distribution du pétrole : Entre contrôle et mécontentement © : HZK-LGDC

La Société des hydrocarbures a supervisé la distribution de pétrole dans plusieurs villes, dont Itsandra et Iconi, le mardi 24 février dernier. Cette opération vise à garantir une répartition équitable et à prévenir les abus régulièrement dénoncés contre certains propriétaires de stations-service et de points de vente. Si chaque bénéficiaire a reçu vingt litres à Itsandra et dix litres à Iconi, les retards d’approvisionnement continuent d’alimenter frustrations et plaintes.


À Itsandra, dès les premières heures de la matinée, une longue file de femmes s’est formée devant la station de vente. Bidons à la main, elles ont patienté sous la pluie dans l’attente du camion-citerne. À 10h45, le véhicule transportant 200 litres de pétrole est finalement arrivé sur les lieux. Youssouf Ibrahim, sapeur et pompiste de la Société des hydrocarbures, a procédé à la distribution des tickets, donnant droit à vingt litres par personne. « Dès que nous aurons fini avec les tickets, notre travail prendra fin », a-t-il expliqué. Comme chaque mois de Ramadan, précise-t-il, les agents sont déployés sur le terrain pour encadrer l’opération. « Nous nous assurons que chaque citoyenne rentre chez elle avec la quantité prévue. Souvent, en l’absence de contrôle, certaines repartent les mains vides, car des propriétaires privilégient un nombre limité de personnes et laissent les autres pour compte. »

La procédure est strictement encadrée, commençant par un appel des numéros, remplissage des bidons présents sur place, puis poursuite de l’opération. Avant de quitter la station, les agents vérifient systématiquement le compteur afin de s’assurer que les deux cents litres ont été intégralement écoulés. « En cas d’anomalie, un rapport est établi », précise le pompiste. Malgré ce dispositif, l’attente demeure une source de mécontentement. Assmine Karani, habitante d’Itsandra, se dit rassurée par la présence des agents, estimant qu’elle limite les irrégularités. Elle regrette toutefois le retard enregistré dans l’acheminement du produit.

À Iconi, dans le quartier de Koweït, la scène est similaire. Des femmes patientent à proximité d’un point de vente, certaines allongées dans une maison voisine, d’autres installées sous un grand manguier, consultant régulièrement l’heure sur leur téléphone. L’approvisionnement a débuté à 10h30 et s’est achevé en début de soirée. Toutes ont reçu leurs dix litres. Les critiques portent néanmoins sur la lenteur de l’arrivée du produit. Faouzia Soilhi déplore des retards récurrents dans l’acheminement et la gestion des stocks. « Ils mettent du temps à arriver. L’envoi d’un agent pour superviser est une bonne initiative, car cela garantit que toutes soient servies. Certaines bénéficiaires sont parfois informées à tort d’une rupture de stock, alors que le pétrole est encore disponible. Le propriétaire privilégie ses proches et laisse les autres pour compte. Le seul problème reste l’arrivée tardive. »

Du côté de la direction, le ton se veut ferme. Damir Ali, directeur général adjoint de la Société des hydrocarbures, indique que « chaque mois de Ramadan, nous procédons de cette manière en envoyant nos agents sur le terrain » afin d’assurer l’égalité d’accès. Il dénonce certaines pratiques. « Des propriétaires vendent le pétrole à dix mille francs comoriens au lieu de sept mille cinq cents. Il arrive également qu’ils ferment les stations et les points de vente en déclarant qu’il n’y a plus de stock, alors que la société alimente régulièrement les sites. D’autres privilégient leurs proches, laissant les autres bénéficiaires en difficulté. » Selon lui, l’envoi systématique d’agents sur le terrain demeure « la solution pour que chaque citoyen puisse obtenir sa part en toute équité ».

El-Aniou Fatima

 


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