Un des grands notables de la ville de Moroni, Abdallah Mohamed Soifeine, vient de tirer sa révérence jeudi soir à Dar-Es Salam où il venait d’être évacué. Son corps a été rapatrié le vendredi soir pour être enterré à Moroni. Malgré l’heure tardive le chef de l’État avait tenu à marquer de sa présence les obsèques de celui qui était devenu un des interlocuteurs privilégiés des différents régimes politiques.
Celui qui a été président du conseil de l’ile de Ngazidja (1978-1990) et président de la ligue de basket avait habitué les gens à l’appeler affectueusement président.
Abdallah Soifeine qui jouait un rôle clé dans le premier cercle des notables de la ville, le fameux G8, était un homme affable et savait garder ses relations avec la plupart des habitants de la ville toutes générations confondues. Et son rôle était par ailleurs reconnu dans l’ensemble de l’ile de Ngazidja où il se rendait souvent pour des manifestations coutumières.
Sa disparition a fait resurgir le débat sur le rôle des notables dans notre société où beaucoup pensent qu’ils jouent un rôle démesuré dans leur implication dans les affaires de l’État. Ce « Pouvoir de l’honneur » a été conféré à cette catégorie de la population comme le titrait dans son livre l’ambassadeur Sultan Chouzour et grand connaisseur des ramifications que celle-ci a su nouer avec les pouvoirs politiques en tout temps.
Il n’en demeure pas moins que la fin des notables n’est pas pour demain dans la mesure où elle reste une sorte de refuge par rapport aux aléas d’une administration incapable de se restructurer malgré les multiples reformes qu’elle subit.
Mort à 87 ans, et père de 6 enfants, feu Abdallah Mohamed Soifeine avait le sens de la formule comme celle-ci, restée célèbre : « Mihula pvwa ugwa », moi je mange là où il y a la sauce. Son image marquera d’une pierre blanche la notabilité comorienne. Que Dieu le tout puissant, l’accueille en son Paradis éternel.
Mmagaza
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