La Gazette

des Comores

Disparition de Salim Hadj Himidi : une perte immense pour les Comores

Disparition de Salim Hadj Himidi : une perte immense pour les Comores © : HZK-LGDC

Ce 28 mars 2020, les Comores viennent de perdre un grand homme d’Etat en la personne de Salim Hadj Himidi. Militant indépendantiste de la première heure, Salim Hadj Himidi a consacré une partie importante de sa vie au combat pour l’accession à la souveraineté nationale des Comores. Plusieurs fois ministre, il a été de tous les combats pour faire entrer les Comores dans le concert des nations. Il a su porter le combat pour la réintégration de l’ile de Mayotte dans les instances internationales (ONU, OUA, pays non alignés…).


Salim Hadj Himidi a été un militant de la première heure du tout nouveau Parti Socialiste des Comores (PASOCO), apparu à la suite de la grève lycéenne de 1968. Le PASOCO, premier parti indépendantiste implanté dans l’archipel, est créé en août 1968. Fondamentalement opposé au Mouvement Mahorais, le PASOCO préconise l’avènement d’un état unitaire, centralisé, seul capable d’éviter les sécessions et de forger, par la force si nécessaire, l’unité des Comores.

 

Il propose comme programme économique la collectivisation des terres et du commerce. Son noyau dirigeant comprenait à la fois des travailleurs comme Ali Msa, Bouharou Abdoulwahab Mzé Ali, Mkouboi Abdérémane, Abdoulkader Hamissi, Mohamed Fazul, Said Ahmed Said Ali dit Charif, Ali Yachourtu Bourhane et de nombreux jeunes fonctionnaires comme Mohamed Ali Mbalia et Bruno Humblot. Pour mobiliser la population, le PASOCO publie un journal ronéotypé appelé « Uhuru ».

 

Quand Ali Soilihi Mtsashiwa prend le pouvoir, Salim Himidi est membre du Conseil National Révolutionnaire (CNR). Il devient ensuite Ministre de l’intérieur avant de tomber en disgrâce à la fin du régime soilihiste. En 1976, il fit partie de la délégation comorienne qui signa les accords sino-comoriens. Après le coup d’Etat d’Ahmed Abdallah, il est arrêté et emprisonné plusieurs mois. Libéré, il continuera son combat pour le développement du pays. Sous le régime de Mohamed Taki, il est à nouveau appelé au gouvernement comme Ministre des Affaires Etrangères. Au début des années 2000, il s’installe à Paris mais continue de faire des va-et vient au pays. Il prodiguait beaucoup de conseils aux autorités du pays. 

 

Homme de culture et visionnaire, Salim Hadj Himidi a su garder un lien très fort avec l’ensemble de la classe politique comorienne et la génération montante d’intellectuels. Il avait également su tisser un réseau de relations dans le microcosme politique français. Le pays pleure la perte d’un ses meilleurs enfants. Encore une fois, l’Etat comorien devra songer à écrire l’histoire de ce pays et à y inscrire dans le marbre les hommes et les femmes qui se sont battus pour son existence, sa dignité et son indépendance. Comme dit l’adage « Aux grands hommes, la Partie reconnaissante ».

 

Mmagaza

 

 

 


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