Une des grandes figures de la politique nationale et un des leaders emblématique de l’ile de Mohéli Mohamed Hassanaly a tiré sa révérence le samedi 2 janvier 2021 à l’âge de 79 ans dans son ile natale. Il était père de 6 enfants et de plusieurs petits-enfants. Avec cette disparition se pose avec acuité la perte de la mémoire collective de notre pays. Il est le dernier d’une lignée de disparition de leaders politiques au cours de ces douze derniers mois.
Diplômé en 1963 de l’école de commerce de Tananarive (Madagascar), il retourne au pays pour se consacrer à l’affaire familiale et pour développer d’autres activités dans les domaines des produits de rente et du transport maritime en 1965. Il sera nommé représentant de la Compagnie Air Comores à Mohéli. Par la suite il est élu pour la première fois à la Chambre des députés des Comores le 06/06/1971, le pays étant alors sous administration française.
Lors des élections du 03/12/1972, l’alliance avortée entre le parti Vert local et le Rassemblement Démocratique du Peuple Comorien (RDPC section de Mohéli) dont il est Président, a motivé ses partisans à présenter sa propre liste et gagné les 3 sièges de l’ile à la chambre des députés des Comores.
Le défunt Prince Saïd Ibrahim le nommera Ministre de la Production et du Développement Rural. Ensuite, en 1975, il est nommé en qualité de Ministre de la Jeunesse et des Sports puis Ministre de l’économie. Il devient ensuite Vice-président de l’État comorien de 1976 à 1978 sous le régime du défunt Président Ali Soilihi Mtsachiwa.
En 1990 il fonde le FPC (Front Populaire Comorien), un parti socio-démocrate qu’il dirige en partenariat avec les autres formations de l’opposition qui militent pour les libertés démocratiques. Pour lui sa plus grande fierté était d’avoir joué et réussi le rôle de médiateur qu’il s’est lui-même donné avec le soutien de ses amis politiques et de la population de Mohéli.
En effet, il avait pu réunir en un temps record autour de la table de négociations les protagonistes de la crise séparatiste entre 1997 et 2001. Et qui allait à aboutir aux fameux accords de Fomboni ayant donné naissance au Nouvel ensemble comorien. Cela lui a valu le 06 Juillet 2005 d’être élevé par Président Azali au rang de Grand Chancelier de l’ordre du Croissant Vert, la plus haute distinction du pays.
Encore une fois avec la disparition d’une personnalité emblématique du pays comme Mohamed Hassanaly, se pose une fois de plus l’héritage que lui et ses compagnons laissent au pays. Nos historiens se sont enfermés dans un silence assourdissant croyant, à tort, que l’histoire du pays devra être écrite par les institutions internationales. Le devoir de mémoire ne devra pas être un concept creux dans les îles de la lune, nous rappelant ce proverbe africain «Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse ne peuvent que chanter la gloire du chasseur ».
Mmagaza
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