Le commissariat chargé de la diaspora a organisé le 17 septembre dernier, un atelier de restitution de l’étude de profilage de la diaspora comorienne dans l’océan Indien. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet Wamanga Wa Komor, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, en appui aux efforts visant à mieux connaître, mobiliser et valoriser les compétences, les ressources et le potentiel de contribution de la diaspora comorienne au développement national.
L’atelier a réuni des représentants des institutions publiques et privées, des organisations de la diaspora, des acteurs de l’écosystème entrepreneurial, économique et financier, des partenaires techniques et financiers, ainsi que les équipes du projet Wamanga Wa Komor, d’Expertise France et du cabinet Data Consulting. Notons que cette étude, réalisée par le cabinet comorien Data Consulting, porte sur la diaspora comorienne établie dans cinq pays de l’océan Indien. Elle vise notamment à mieux caractériser ses profils, ses compétences, ses pratiques d’investissement, ses attentes ainsi que ses besoins en matière d’accompagnement. L’étude s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la Stratégie nationale de mobilisation de la diaspora, adoptée techniquement en septembre 2025, notamment à travers son axe 3, consacré à l’amélioration de la connaissance de la diaspora.
« À travers cette étude, on entend disposer d’un outil d’aide à la décision permettant de mieux orienter les politiques publiques, les programmes et les partenariats en faveur des Comoriens établis à l’étranger. La restitution présente les principaux enseignements de l’étude, notamment les profils, attentes, freins, opportunités et capacités de contribution de la diaspora comorienne dans l’océan Indien, mais également de recueillir les observations et propositions des institutions et acteurs concernés », a déclaré Issa Abdoussalam, Commissaire chargé de la diaspora. « Les résultats de l’étude pourront également contribuer à ajuster la stratégie d’intervention du projet Wamanga Wa Komor et à l’identification d’expertises et de compétences mobilisables au service du développement des Comores », a-t-il ajouté. À travers cette démarche, le Commissariat réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre ses efforts pour faire de la diaspora un partenaire stratégique du développement économique, social et institutionnel des Comores.
De son côté, Pavlos Evangelidis, chargé d’affaires au bureau de l’Union européenne aux Comores, a souligné l’importance des transferts financiers de la diaspora dans l’économie nationale. « Chaque année, la diaspora comorienne renvoie au pays près de 20% du produit intérieur brut, soit trois fois l’aide publique au développement. Mais ces fonds nourrissent surtout la consommation, l’immobilier résidentiel et les obligations coutumières. Lors de notre lancement en juin dernier, je vous parlais du potentiel productif mal exploité. Aujourd’hui, cette étude montre où il se perd : sur 823 membres de la diaspora de l’Océan Indien interrogés, l’investissement productif n’en concerne que douze », a-t-il déclaré. Selon lui, l’engagement de l’UE est concret : 4 millions d’euros, à travers le projet Wamanga Wa Komor, pour mobiliser la diaspora au service du Plan Comores émergent et soutenir une croissance inclusive, verte et bleue, ouverte aux femmes et aux jeunes.
« L’instinct dit, il manque de l’argent. L’étude, menée avec le Commissariat chargé de la Diaspora, dit l’inverse. L’argent est là, l’envie aussi. Ce qui manque, c’est l’information, la confiance et des instruments financiers adaptés. Le financement est bien le premier besoin pour 71% des porteurs de projets, mais seulement le 4ème obstacle. Le premier, c’est l’information et la confiance : la moitié des porteurs ignorent les dispositifs qui existent déjà », a-t-il précisé.
Pour le représentant de l’UE, l’étude constitue désormais une base concrète pour orienter l’action. « L’étude n’offre pas un vœu, mais un plan. Neuf leviers, trois horizons, dont trois ne coûtent qu’une décision. Mais rien ne se fera depuis cette seule salle. À vous, institutions, partenaires et diaspora, de vous approprier ces résultats, d’affiner la stratégie de Wamanga Wa Komor et de transformer ces recommandations en actions, dans un échange franc, pour que l’étude ne reste pas lettre morte », a-t-il insisté. La restitution de cette étude ouvre une nouvelle étape dans le dialogue entre les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, les acteurs économiques et la diaspora. L’objectif est désormais de transformer les enseignements et recommandations issus du profilage en actions concrètes, afin de renforcer la contribution de la diaspora au développement des Comores.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC