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des Comores

Diaspora / Les « je viens » sont déjà là… et ça se voit

Diaspora / Les « je viens » sont déjà là… et ça se voit © : HZK-LGDC

C’est l’été. La diaspora commence à débarquer dans les villes et les villages de l’archipel. On les appelle affectueusement les « Je viens ». Un terme récurrent mais chargé de signification et de symboles. Les locaux, qui se font appeler d’un ton moqueur les «Je reste» pleurent. Ils crient à la crise et cela « malgré les je viens ».


Cette année c’est la pluie des « Je viens » qui s’abat sur le pays. A Ngazidja, l’île où ces derniers sont pris comme des rois, la tendance reste presque la même. Tout le monde se plie en quatre pour être à leur disposition, comme un guide touristique pour les accompagner matin et soir, dans un contexte un peu plus spécial. Ils reviennent au pays, passer quelques semaines, pour des raisons différentes. La saison des « je viens » est bien entamée, et cela se voit, à travers les embouteillages monstres dans la capitale, et les files d’attente interminables devant les stations service, à la douane, ou dans les banques.

 

Pour les uns c’est pour retrouver les familles et célébrer les grands mariages, pendant que d’autres, surtout les plus jeunes branchés, c’est pour frimer et vivre pleinement leurs vacances, à la recherche de quelques instants de repos, de découverte. Pendant la période estivale, les Comores comme tant d’autres pays africains, vivent le même rythme. Une arrivée en masse des membres de la diaspora. Pas moins de 5 vols par jour à l’aéroport Moroni Prince Said Ibrahim, jusqu’à la mi-septembre, soit entre 7 et 10 000 arrivées enregistrées en deux mois.

 

Partis depuis quelques années ou nés en France ces deux catégories constituent la base des « Je viens ». Ces comoriens dont une grande majorité de binationaux, qui vivent en France et qu’on appelle par ce terme sont perçus comme des boosters de l’économie comorienne, par le nombre croissant de transfert d’argent qu’ils effectuent. Ils sont aussi, tant bien que mal, les principaux acteurs du développement social et sanitaire, à l’amélioration des infrastructures publiques communales (adduction d’eau, électrification, aménagement…).

 

Pour confirmer cela, un rapport du Fonds monétaire internationale (FMI) montre que les Comores sont en tête du classement des pays africains pour le transfert des fonds des émigrés. Dans ce même rapport, le FMI ajoute que 77% de ces fonds sont destinés à la consommation, 13% affectés à l’immobilier et seulement 10% pour l’investissement.

 

Certains de ces ‘’Je viens’’ qui sont venus pour les mariages ou pour des vacances ont constaté des anomalies et ne cessent de les crier. Pour les uns le retard de l’arrivée des conteneurs pendant que d’autres attendent leurs valises et d’autres constatent un retard permanent en termes de développement du pays, mais malgré tout ça ils remplissent les plages et célèbrent les mariages. Ils en profitent pendant qu’il est temps de leur vacance derrière les acclamations hypocrites des locaux : « les je viens sont des vantards ». En attendant ils sont chez eux et ils profitent de leurs familles avant de regagner leur deuxième pays, la France.

 

A.O Yazid

 


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