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Des migrants abandonnés sur une plage à Mohéli: Entre détresse humanitaire et incertitude

Des migrants abandonnés sur une plage à Mohéli: Entre détresse humanitaire et incertitude © : HZK-LGDC

Découverts sur une plage du sud-est de Mohéli, une quarantaine de migrants venant d’Afrique continentale vivent depuis plusieurs jours dans des conditions alarmantes. Entre manque de nourriture, absence de prise en charge adéquate et risques sanitaires, la situation suscite inquiétude et interrogations.


Une quarantaine de migrants d’Afrique centrale ont été découverts dimanche 19 avril à Hamavouna, localité située au sud-est de Mohéli. Selon des sources locales, ces exilés auraient été débarqués dès la veille, samedi 18 avril, sur une plage à proximité du village. Le groupe comptait 45 personnes à l’origine, dont 11 femmes et un enfant. Un décès a été signalé peu après leur arrivée. Parmi les migrants figure une femme enceinte accompagnée de son nourrisson et de son époux. Cette famille aurait été la dernière à quitter la plage pour rejoindre le village. Les circonstances du décès restent floues. D’après certaines sources, la victime se serait éloignée pour explorer les environs avant de chuter sur des rochers, faute de repères dans un environnement inconnu. Son corps a été inhumé tard dans la nuit à Hamavouna, sur instruction des autorités judiciaires.

Les 44 migrants restants, originaires de la région des Grands Lacs, vivent dans des conditions jugées précaires et préoccupantes. Jusqu’en fin d’après-midi du lundi, ils n’avaient reçu aucune nourriture consistante depuis leur arrivée. Face à cette situation, l’association locale Ulanga s’est mobilisée avec des moyens limités pour leur apporter une aide d’urgence, notamment en distribuant du bouilli. Une assistance saluée, mais largement insuffisante au regard des besoins. Les migrants ont passé la nuit de dimanche dans une salle de classe, dans des conditions sommaires. Initialement, un transfert vers la plage était envisagé lundi matin, dans l’attente d’une meilleure prise en charge. Cependant, en l’absence de dispositifs adéquats, une seule tente ayant été installée, ils ont finalement passé une seconde nuit dans les mêmes locaux, alors même que les élèves devaient y reprendre les cours, évités de justesse en raison d’un mouvement de grève.

La population de Hamavouna se dit dépassée par la situation, redoutant notamment des risques sanitaires liés à la promiscuité et à l’apparition de maladies contagieuses telles que le MPOX. Dans la journée de lundi, certains migrants ont été aperçus jouant au football sur la plage, tandis que d’autres circulaient librement dans le village. Selon des informations locales, deux migrants présentent un état de santé préoccupant et nécessitent une prise en charge hospitalière, tandis qu’un autre souffrirait de brûlures causées par du carburant. La gouverneure de l’île, Chamina Ben Mohamed, s’est rendue sur place et a apporté un soutien ponctuel. Elle aurait annoncé l’arrivée imminente, ce mardi 21 avril, du secrétaire général du ministère de tutelle, chargé de trouver une solution rapide pour le départ des migrants de l’île. Ces derniers exprimeraient par ailleurs leur volonté de rejoindre Mayotte, dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie.

Ce nouvel épisode rappelle une tragédie récente survenue le mois dernier à Mitsamiouli, sur l’île de Ngazidja. Un groupe de 51 ressortissants de la République démocratique du Congo y avait débarqué dans des conditions similaires, avec pour objectif également de rallier Mayotte. Le bilan était lourd : 17 personnes avaient perdu la vie, probablement en raison des conditions extrêmes de la traversée maritime. Le manque de nourriture, d’eau potable, de soins médicaux et les dangers liés à la mer continuent de transformer ces parcours migratoires en véritables drames humains.

Riwad

 


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