Le ministre de l'intérieur français, Gérald Darmanin est en visite à l'île comorienne de Mayotte sous administration française. Le thème de l'immigration a été au centre de cette visite qui aura durée trois jours (21-24 août).
En campagne perpétuelle, Gérald Darmanin a effectué une visite remarquée à Mayotte. Accompagné du ministre délégué de l'outre-mer Jean-François Carenco, le ministre de l'intérieur français se trouvait à Mayotte en terrain conquis avec en prime son thème de prédilection, l'immigration. D'entrée, le ministre français à annoncé la couleur. « Il faut lutter contre l'attractivité sociale et administrative du territoire », dit-il, surtout par rapport à l'immigration venue des Comores. Pour parvenir à son objectif, il propose de durcir le droit du sol. Si pour l'instant il n'appelle pas à sa suppression, il milite néanmoins à le rendre difficile à l'accès.
Pour qu'un enfant puisse obtenir la nationalité française, « il faut qu'au moins un de ses parents ait résidé régulièrement sur l'île au moins un an contre trois mois actuellement », propose le ministre. Sur une île qui a voté à presque 60% lors du deuxième tour de l'élection présidentielle française pour Marine Le Pen, ce discours va sûrement avoir un écho positif de la part des extrémistes de tout bord.
Au micro de notre consœur Sitti Darousi de Mayotte La Première, il a annoncé la possibilité pour la police d'utiliser « des balles en caoutchouc en réponse à la délinquance des mineurs ». En tout cas c'est l'une des solutions qu'il compte ramener dans son panier lors de son retour dans l'île au mois de novembre prochain. Sur la question des visas, il s'est dit opposé au « titre de séjour territorialisé » de peur que ça fasse un appel d'air et accentue un peu plus la crise migratoire. Pour lui le visa Balladur va rester en place tout en cherchant les moyens de durcir les entrées dans le territoire. S'il a dit que « la politique de fermeté vis-à-vis des Comores va continuer », il a salué le rôle important que jouent les gardes cotes comoriens dans cette lutte contre l'immigration.
Une coopération apparemment qui porte ces fruits. En 2021, 20 000 clandestins ont été refoulés à la frontière principalement aux Comores. Cette année ce chiffre risque d'exploser à en croire le ministre qui parle déjà de dix-neuf milles refoulés entre janvier et juin 2022. Cette visite à Mayotte est peut-être une façon de consoler le ministre après que la première lui ait demandé de reporter l'examen de son projet de loi immigration, pour ouvrir une période de concertation avant un débat à l'assemblée nationale française.
Les caciques de la ligne dure vis-à-vis de Moroni seront ravis à coup sûr de ce discours de fermeté. A l'image de l'indéboulonnable Mansour Kamardine ou bien la nouvelle égérie de l'extrême droite mahoraise Estelle Youssoufa, qui ne rate jamais l'occasion de montrer toute son hostilité à l'encontre des comoriens, au point de faire passer Zemmour pour mère Theresa. Visiblement, les gouvernements français successifs n’ont toujours pas compris que l’occupation de Mayotte par l’ancienne puissance coloniale est une violation du droit international qui, à travers de nombreuses résolutions de l’ONU, reconnait depuis 1975 l’appartenance de l’île à l’Etat comorien.
AS Badraoui
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC