La Gazette

des Comores

Célébration d'Achoura aux Comores Un vaste coup de filet dans les milieux chiites à Moroni et Mutsamudu

  •  
  •   admin
Célébration d'Achoura aux Comores Un vaste coup de filet dans les milieux chiites à Moroni et Mutsamudu © : HZK-LGDC

La police nationale vient de mener un vaste coup de filet dans les milieux chiites à Moroni et à Mutsamudu mercredi jour de l' « Achoura », célébré dans le monde par la communauté chiite. Des arrestations ont été opérées dont un haut dignitaire religieux chiite résidant à Mutsamudu.


La police nationale aurait mené mercredi une vaste opération de coup de filet dans les milieux chiite à Moroni et à Mutsamudu, selon des sources policières. Des arrestations ont été opérées par la force de police, notamment Mahamoud Abdallah Ibrahim un haut dignitaire religieux chiite résidant à Anjouan.

 L'arrestation d'oustadh Mahamoud Abdallah Ibrahim pourrait intervenir suite à la cérémonie qu'il aurait organisée dans une banlieue de Mutsamudu à Anjouan où des fidèles célèbrent l'Achoura. Dans une vidéo mis en ligne dans les réseaux sociaux on voit justement ce haut dignitaire religieux entouré par une centaine des fidèles dansant en tapant sur leur poitrine.   

 L'opération coup de point contre les adeptes de la confession chiite vient quelques jours après la publication d'une note circulaire controversée du ministère de l'intérieur, interdisant l'organisation « dans les lieux publics ou privés des festivités d'un rite religieux de l'Islam autre que le rite chafiite de la doctrine Ahli sunnat wal djamaa », peut-on lire dans cette note circulaire publiée depuis le 11 octobre 2016.

 D'aucuns voient les comoriens de confession chiite visés par cette note publiée à quelques jours de la célébration de la fête d'Achoura, coïncidant avec la commémoration du martyre de Hussein, le petit fils du Prophète d'Ali Ibnou Abi Tâlib quatrième calife de l'islam. Depuis la promulgation de la loi portant réglementation des pratiques de l'islam en Union des Comores, la minorité chiite se voit stigmatisée et poussée peu à peu vers la clandestinité, surtout à Ngazidja où il ne fait pas bon vivre quand on est chiite.

 Rappelons qu'en 2013 où une vague d'arrestations avait frappé ces milieux à Anjouan où le même haut dignitaire et 17 des fidèles de ce rite ont été placés en garde à vue sous le prétexte qu'ils célébraient le maoulid à leur manière. L'année suivante c'est à Moroni où des perquisitions ont été menées le soir dans une mosquée chiite se trouvant à la sortie sud de la capitale. Plusieurs arrestations ont été opérées par la gendarmerie nationale. Des objets « faisant apologie du chiisme » ont été saisis, selon des sources sécuritaires.

D'aucuns redoutent un conflit ouvert entre chiite et sunnite dans le pays, à l’instar de ce qui se déroule dans d'autre pays musulmans confrontés à l'antagonisme politico-religieux entre Téhéran et Riyad.

 

Maoulida Mbaé

 

             


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

Commentaires (0)