La Gazette

des Comores

Crise énergétique à Ngazidja Les délestages s’intensifient

Crise énergétique à Ngazidja Les délestages s’intensifient © : HZK-LGDC

Depuis plusieurs jours, la capitale et ses périphéries subissent de fréquents délestages. À Moroni, la population endure plus de cinq coupures quotidiennes, tandis que dans les zones périphériques, l’électricité est interrompue pendant plusieurs heures, de jour comme de nuit ils sont délestés plusieurs heures dans la journée et plusieurs heures aussi dans la nuit.


Une crise énergétique secoue Ngazidja ces derniers temps. Depuis plusieurs jours, Moroni et ses environs, ainsi que les régions du nord et du sud de l’île, subissent des coupures de courant intempestives et prolongées. Dans la capitale, on compte pas moins de cinq à six coupures par jour dans certains quartiers. Dans les périphéries de la capitale, ils sont délestés de 12h à 23h voire minuit parfois. Cette panne généralisée, qui paralyse la vie quotidienne et l’économie, survient paradoxalement alors que le pays s’est doté au mois de février 2025 de nouveaux groupes électrogènes et la présence de centrales solaires censées diversifier et sécuriser son approvisionnement.

Le phénomène n’épargne personne. Que ce soit à Moroni, à Mitsamiouli, à Mdjoiezi dans le Hambou, les habitants et les entreprises subissent des interruptions de service pouvant durer des heures, aussi bien de jour que de nuit. « C’est pire que d’habitude. Le courant coupe sans préavis, plusieurs fois par jour. Le frigo ne maintient plus le froid », témoigne avec amertume Fatima, habitante de la capitale. Les commerçants et les ateliers de menuiseries sont également en première ligne. « Avec ces coupures en journée, on n’arrive plus à répondre aux besoins de notre clientèle en cette période de Grand mariage », avance Inoussa, un menuisier sis à Djivani. « Je perds de l’argent tous les jours, dans ces conditions… Et sans électricité, pas de lumière, pas de travaux. C’est vraiment intenable…».

Cette crise intervient dans un contexte où deux centrales solaires d’envergure, financées par des partenaires internationaux, sont pourtant opérationnelles : l’une à Mitsamiouli (nord) et l’autre à Foumbouni (sud). Inaugurées comme la promesse d’une énergie verte et stable, leur contribution semble aujourd’hui insuffisante pour endiguer la vague de délestages.

Selon des sources proches du dossier, la production de ces parcs photovoltaïques, bien que significative, ne couvre qu’une partie de la demande nationale. Dans un communiqué, la société nationale de production de l’électricité des Comores (SONELEC) a déclaré que les récentes évolutions climatiques à Ngazidja ont directement affecté leurs moyens de production et que ces derniers réduisent la capacité de production habituelle et créent des déséquilibres d’électricité.

“ En raison de cette situation, certaines localités de l’île subiront des coupures d’électricité ponctuelles. Ces interruptions ne sont pas permanentes, mais elles sont nécessaires pour assurer une répartition équitable de l’énergie disponible sur l’ensemble de l’île”, lit-on sur la page Facebook de la Sonelec. Et de préciser : “ Pour vous donner une vision claire, 60% de notre électricité provient du solaire pendant la journée. Lorsque l’ensoleillement est insuffisant (ciel couvert, conditions climatiques défavorables), la production solaire diminue. Cela réduit la quantité totale d’électricité injectée sur le réseau et nous oblige à procéder à des délestages ciblés”. Est-ce là, la seule raison ? Pas sûr ! Certains parlent d’un problème de stockage à la centrale solaire de Foumbouni. Les centrales thermiques de la Sonelec, qui constituent l’ossature du réseau, seraient en « baisse de régime ». Et là-dessus, aucune communication officielle n’est faite de la part de la société. “ Ils disent que 60 % de la production de l’électricité provient du solaire. Et les groupes électrogènes neufs achetés en début d’année, quelle est leur utilité ?”, s’interroge Mohamed Ibrahim, une jeune de la région de Hambou. Et d’enchainer : “ Dans la journée, on ne peut pas charger les téléphones, et le soir, les enfants ne peuvent même pas réviser ».  

Face à cette paralysie, la colère gronde parmi la population. Beaucoup craignent le pire, à deux mois du ramadan. Les consommateurs exigent des explications claires de la part de la Sonelec sur les causes exactes de cette crise, et continuent de vivre au rythme imprévisible des coupures, dans l’attente d’une lumière au bout du tunnel ; une lumière qui, ironiquement, leur est actuellement refusée…

 

NAY

 


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