Le bras de fer qui oppose les pompiers et leur directeur général a fini par pousser les soldats du feu à partir avec leurs cliques et leurs claques, faute d’avoir obtenu la tête de Tackfine Ahmed soutenu par le gouvernement.
Ils ont joint le geste à la parole. Les pompiers de Moroni ont décidé, hier mercredi, de quitter leur caserne avec leurs cliques et leurs claques, et pour cause. La veille, ils s’étaient réunis dans la cour, pancartes en main, pour réclamer la tête de leur directeur général Tckfine Ahmed, dont ils ne dirigèrent plus les insultes qu’il a assenées à leur endroit la semaine dernière. « Un pompier n’est pas un imbécile » pouvait-on lire sur les pancartes. « Soit le gouvernement nous débarrasse de celui qui se permet de nous insulter régulièrement avec nos familles, soit c’est nous qui partirons », avaient menacé les pompiers, ce mardi.
Hier, au lendemain de ce mouvement de contestation, nous avons appris que le ministre de l’intérieur et le délégué à la défense se sont rendus sur place. Selon les pompiers interrogés par des médias sur place, les deux hommes ont été catégoriques. « Ils nous ont demandé de choisir entre travailler avec Tackfine ou partir ». Sans doute 150 pompiers, soit la quasi-totalité de l’effectif, ont-ils choisi de partir que de rester.
Conscients qu’en cas d’une situation d’urgence c’est la population qui en pâtira, les pompiers en colère s’en excusent par avance. « Nous adressons nos sincères excuses à la population concernant notre décision. Nous espérons qu’on nous comprendra », déclare leur porte-parole Abdereman Mahamoud. « Avec peu de moyens, avec du matériel moins adapté aux situations d’urgence, avec des salaires misérables, on se donne quand même la volonté de travailler », insiste-t-il, avant d’enchainer : « On ne mérite pas d’être traités comme des chiens comme le fait Tackfine. Nous ne sommes pas 20 ou 40 agents à partir, mais 150 rien qu’à Ngazidja. Pour Anjouan, ils ont dit qu’ils vont nous emboiter le pas. Donc même si le gouvernement décidait de trouver des remplaçants, il faudrait beaucoup de temps pour qu’ils soient prêts à travailler ».
Interrogé sur un éventuel compromis, le porte-parole du mouvement reste ferme sur ses étriers : « soit nous, soit le chef ». Vendredi 29 octobre dernier, le directeur général de la Sécurité civile Tackfine Ahmed avait proféré des insultes à l’endroit de ses agents qui tardaient à intervenir dans une station-service en feu au nord de Moroni. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Ses excuses aux pompiers auront été sans succès. Contacté par nos soins, le ministère de l’intérieur dont dépend la Sécurité civile, dit ne pas désespérer qu’une issue positive sera trouvée. Encore faudra-t-il que le gouvernement joue la carte de l’apaisement au lieu de jeter de l’huile sur le feu.
Kamal Gamal
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