La Gazette

des Comores

Crise sociale : Barricades, feux et montée de la contestation à Fomboni

Crise sociale : Barricades, feux et montée de la contestation à Fomboni © : HZK-LGDC

La journée du samedi 16 mai s’est achevée dans une atmosphère particulièrement tendue à Fomboni. Barricades, routes bloquées et feux allumés dans plusieurs quartiers ont marqué cette sixième journée du mouvement de grève contre la hausse des prix des carburants et des transports. Dans ce climat de crispation, le Mouvement du 17 Février (M17) est sorti du silence en publiant un communiqué de soutien aux grévistes et en dénonçant la gestion du pouvoir en place.


La tension est montée d’un cran ce samedi soir dans la capitale mohélienne. Plusieurs barricades ont été érigées à différents points stratégiques de Fomboni, notamment vers FCD à Kanaleni, sur la route principale à proximité du bâtiment de Comores Telecom ainsi qu’aux abords de la mosquée de Chababiddine. Des feux ont également été allumés sur la route de Mdjimbia, perturbant fortement la circulation. Face à cette situation, les forces de l’ordre ont été déployées afin de dégager les routes et rétablir la circulation. Des militaires ont aussi été positionnés à plusieurs endroits de la ville pour assurer la surveillance et prévenir de nouveaux débordements.

Cette montée des tensions intervient dans un contexte de mobilisation sociale qui ne cesse de prendre de l’ampleur aux Comores depuis l’annonce de la hausse des prix des carburants et des transports en commun. À Mohéli, le mouvement « ville morte » continue de paralyser progressivement les activités économiques et administratives. Dans la foulée des événements survenus à Fomboni, le Mouvement du 17 Février (M17) a publié un communiqué dans lequel il exprime son « soutien total, ferme et solidaire » aux travailleurs, syndicats et citoyens mobilisés contre les augmentations tarifaires.

Dans sa déclaration, le mouvement dénonce « la gestion désastreuse du pays » par le régime du président Azali Assoumani et affirme que cette nouvelle hausse vient aggraver une situation sociale déjà jugée « insupportable » pour de nombreuses familles comoriennes. Le M17 critique également les déclarations récentes du chef de l’État sur France 24, estimant qu’elles traduisent « un profond mépris » envers les difficultés quotidiennes de la population. Le mouvement accuse aussi les autorités de manquer de transparence sur la question des hydrocarbures et sur la fixation des tarifs des transports.

Dans son communiqué, le M17 condamne par ailleurs les violences attribuées à certaines forces de maintien de l’ordre et appelle les autorités à mettre fin aux brutalités, à ouvrir un dialogue avec les représentants des grévistes et à publier la structure réelle des prix des carburants. Enfin, le mouvement appelle les citoyens à poursuivre « une mobilisation pacifique, responsable et unie » afin d’obtenir des solutions durables face à la crise sociale qui secoue actuellement le pays.

Riwad

 


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