L’intersyndicale avait appelé hier mardi à une marche pacifique pour exprimer leur mécontentement face au silence des autorités. La marche interdite par le préfet du centre de Moroni, les enseignants se sont mobilisés au lycée de Moroni avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.
4 semaines depuis que la grève dans le public perdure. Hier mardi, l’intersyndicale des agents de l’éducation ont voulu manifester mais l’autorisation leur a été refusé par le préfet du centre. L’intersyndicale s’est alors mobilisée au lycée de Moroni et a fait savoir ses idées. D’entrée, le secrétaire général de l’intersyndicale déplore l’attitude des autorités de l’Etat qui ne cessent de bafouer l’état de droit et la liberté d’expression.
« Nous avons suivi les voies normales pour pouvoir manifester avec l’appui des forces de l’ordre. Mais à notre grande surprise, nous avons vu un message du préfet du centre interdisant notre marche. Nous sommes des démocrates et c’est pourquoi nous nous sommes repliés au sein de notre lieu de travail pour s’exprimer », déclare Moussa Mfoungoulie, le secrétaire général de l’intersyndicale. Encore une fois, il a montré que les forces de l’ordre ont fait irruption chez lui pour lui poser un certain nombre de questions. « Je ne vais pas me laisser intimider. On ira jusqu’au bout », poursuit-il.
Devant la foule d’enseignants, le secrétaire général a affirmé haut et fort que la grève continue malgré l’appel du commissariat à l’éducation à reprendre les cours hier mardi. « Ils ont fait un appel pour reprendre les cours et aucun professeur ne s’est présenté. Seuls deux enseignants des collèges de Mboueni et de Coulée se sont présentés lundi dernier. Mais dans les autres établissements publics, il n’y a rien eu », avance Moussa Mfoungoulie.
Il a aussi rappelé la rencontre qu’il y avait eu entre le syndicat et les autorités dimanche dernier. « A l’issue de cette rencontre rien de concret n’est sorti. Seulement le gouvernement veut qu’on rentre sans la moindre contrepartie. Ils ont parlé des reliquats, des reliquats qu’on ne les a pas obtenus jusqu’à maintenant », dit-il. Et lui d’ajouter que « ils ont annoncé aussi la mise en place d’une commission mixte pour les contrôles physiques. Nous, nous n’en sommes pas là. On veut nos avancements et intégrations et tant qu’on ne les aura pas, on ne va pas rentrer ».
Les enseignants eux aussi ne savent pas quoi dire face à cette situation tandis que le président Azali ne cesse de parler d’émergence. « S’il y a année blanche, il n’y aura de l’émergence. Il est temps que le gouvernement se ressaisisse et arrête un peu les dépenses inutiles », lance-t-il. Aux dernières nouvelles, les enseignants ont transformé leur rassemblement en meeting et qui a obligé les forces de l’ordre à réagir.
Mohamed Youssouf
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