Mardi dernier l'enceinte du Centre hospitalier national El-maarouf ressemblait à une caserne. Pendant que les contractuels tenaient un point de presse au quartier Djomani au sud de Moroni, un dispositif des forces de l’ordre a quadrillé l'établissement. En cause, une alerte de la direction signalant un appel des grévistes à la mobilisation générale, puis l’arrestation d’un des principaux dirigeants du mouvement, Ahmed Abdou Mmadi Karihila, cristallisant toutes les colères.
Tout a basculé lundi soir du 6 avril, aux alentours de 22 heures. Ahmed Abdou Mmadi Karihila, l’un des piliers du collectif des contractuels, a été interpellé à son domicile de Vouvouni Bambao par la gendarmerie nationale. Sans explication ni mandat d’arrestation, le soignant a été emmené à la brigade de gendarmerie pour passer la nuit en cellule, laissant ses proches et ses collègues dans la stupeur. Pour le collectif, cet acte est perçu comme une tentative manifeste de décapiter le mouvement de grève. « Si leur but est de nous provoquer, ils n'y arriveront pas », a déclaré Zainoudine Ahamada, porte-parole du collectif, lors d’un point de presse tenu mardi matin. « Nous marchons avec conscience et légitimité. » a-t-il rajouté.
D'après nos informations, la gendarmerie justifie cette interpellation par une accusation d'« incitation à la violence ». À l’origine de l’affaire : un message fuité d’un groupe social de discussion privé du collectif. Dans ce dernier, Karihila aurait appelé ses confrères à se mobiliser avec ferveur, utilisant une métaphore sur la fin du Ramadan pour signifier la reprise des revendications sur place. La direction de l’hôpital, qui a alerté les autorités, y a vu un appel à braver l’interdiction de manifester imposée par le procureur. Pour les grévistes, il ne s’agissait que d’une « plaisanterie » entre collègues pour motiver les troupes. Ironie du sort : alors que les forces de l’ordre attendaient de pied ferme une manifestation ce matin, elle n’a pas eu lieu, le collectif ayant choisi la voie de la négociation en attendant une réponse des autorités.
Soutenus par leur avocat Me Idriss Saandi, les membres du collectif se sont rendus à la gendarmerie pour obtenir la libération de leur confrère. Par ailleurs, l’avocat conteste non seulement la légalité de cette arrestation, mais aussi les mesures de rétorsion prises par la direction d’El-Maarouf, notamment des suspensions d’accès et des licenciements jugés abusifs.
Alors que le calme règne en apparence sous la surveillance des militaires à l’hôpital de référence, le collectif, lui, attend désormais que justice soit faite pour leur camarade et que leurs revendications salariales obtiennent enfin gain de cause.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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