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Crise au CHN EL-Maarouf : Les contractuels dénoncent le non-respect du protocole d’accord

Crise au CHN EL-Maarouf : Les contractuels dénoncent le non-respect du protocole d’accord © : HZK-LGDC

Jeudi 4 juin, les paramédicaux contractuels du CHN El-Maarouf ont envahi les escaliers à l'entrée du bâtiment du ministère de la santé et de la protection sociale, à Moroni, pour dénoncer la non-application du protocole d'accord du 28 avril dernier.


Une sortie de crise avait pourtant été obtenue fin avril. Signé le 28 avril dernier entre le ministère de la santé et le collectif du personnel soignant contractuel, le protocole prévoyait une reprise immédiate du travail au centre hospitalier national El-Maarouf. Devant la presse, le secrétaire général Soudjay Mohamed, ancien infirmier, saluait la restauration du potentiel humain de l'établissement, tandis que le ministre Ahamadi Sidi Nahouda s'engageait à le faire respecter. Maître Idriss Saandi, avocat du collectif, parlait de revendications majeures entendues, et le porte-parole Zainoudine Ahamada était alors confiant en espérant une réintégration sereine. Mais sur le terrain, l'apaisement a tourné court. Présentés dans leurs services comme convenu, les contractuels se sont heurtés au refus catégorique de plusieurs chefs de service, lesquels ont invoqué une « réorganisation interne » pour les refouler. Face au blocage, la direction affirmait valider la reprise, mais exigeait que chaque agent remplisse une fiche individuelle, condition préalable rejetée par les grévistes qui défendaient un engagement commun.

 

Un mois plus tard, le malentendu s'est transformé en défi ouvert à la tutelle. Lors du sit-in d’hier jeudi, le collectif des soignants a accusé la direction du CHN d'avoir déclaré que le protocole « n'est pas le leur », au motif qu'elle n'était pas présente à la signature et ne l'a donc pas paraphé. Conséquence, selon le collectif : les soignants seraient considérés comme bénévoles, non intégrés aux plannings et non rémunérés, à moins d'accepter de remplir le formulaire imposé. « C'est clairement un non-respect de leur part », tranche le porte-parole, Zainoudine Ahamada. La ligne du mouvement n'a pas bougé depuis avril. « Nous sommes un seul corps. Il n'est pas question que certains reprennent pendant que d'autres sont laissés sur le carreau, » Soulignait-t-il.

 

Aujourd'hui, le ton se durcit face aux intimidations rapportées dans les couloirs : « Comme on nous refuse, alors nous rentrons chez nous, mais qu'ils ne nous sous-estiment point, nos revendications continuent et nous comptons bien avoir gain de cause ! » a déclaré le porte-parole devant les journalistes. Trois mois sans salaire, des menaces de mise à l'écart, et des services toujours en sous-effectif : la situation replonge l'hôpital de référence dans la pénurie de personnel qualifié. La note de renforcement apportée par le SG Soudjay Mohamed pour appuyer le protocole n'a pas suffi à imposer l'autorité ministérielle dans les unités de soins. Le collectif attend désormais un document formel qui rappellerait aux chefs de service leur obligation d'appliquer l'accord, et non de le renégocier. Il semble que la grève, elle, reprend du service. Pas les soignants. Et malheureusement ce sont une nouvelle fois les patients qui vont continuer de payer le prix fort de ce bras de fer aux multiples rebondissements.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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