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Crise au CHN EL-maarouf La marche pacifique interdite par la préfecture

Crise au CHN EL-maarouf La marche pacifique interdite par la préfecture © : HZK-LGDC

À l'approche de la mobilisation citoyenne prévue ce vendredi 10 avril à 13h30, le bras de fer s’intensifie entre les organisateurs du mouvement et les représentants de l’État. Alors que le collectif des soignants, soutenu par une large frange de la société civile appelle à une marche pacifique pour porter des revendications légitimes et urgentes, la préfecture de Moroni a choisi d’opposer un refus catégorique.


L’exercice du droit de manifestation, bien que constitutionnel, reste encadré par une procédure de déclaration préalable auprès de l’autorité administrative. Pour ce rassemblement spécifique, c’est au Préfet de Moroni qu’incombait la responsabilité de délivrer le précieux sésame. Malgré un dossier déposé en bonne et due forme par les représentants de la société civile, l’autorité préfectorale a officiellement signifié son refus d’autoriser le regroupement. Le motif invoqué repose sur une crainte de « dégénérescence » du cortège. En clair, la préfecture redoute que la marche ne bascule dans le désordre et souhaite, selon ses termes, éviter tout trouble à l’ordre public. Pour les autorités, le risque de voir cette mobilisation initialement pacifique se transformer en heurts est jugé trop élevé, particulièrement dans ce climat de tension. Une décision administrative illustrant, hélas une fois de plus, la difficulté de concilier les libertés publiques et les impératifs de sécurité intérieure.

 

Pourtant, ce qui n’était au départ qu’une grogne professionnelle limitée au secteur de la santé a muté. Le ralliement de la société civile a transformé cette initiative en un mouvement social de grande ampleur, dénonçant la précarité généralisée des conditions de travail et le manque de moyens criant à l'hôpital de référence. En dépit de ce refus préfectoral, l'incertitude plane. La société civile, tout en prônant un « dialogue franc » avec les autorités, semble désarçonnée. Passera-t-elle outre l'interdiction ? Sur le plan légal, maintenir le rassemblement expose probablement les manifestants à une intervention musclée des forces de l'ordre pour les disperser.

 

Selon nos dernières informations, les organisateurs peaufinent encore leur stratégie en coulisse : certains, plus ou moins hésitants, appellent à respecter la décision pour éviter toute confrontation, tandis que d'autres, déterminés, envisagent des formes de protestation alternatives pour que leurs revendications ne restent pas “lettre morte”. Une réunion de la société civile a lieu au CHN El-Maarouf à ce sujet, à l'heure où nous écrivons ces lignes. Par ailleurs, le collectif des grévistes maintient son appel à la sensibilisation et assure que la volonté de marcher pacifiquement reste intacte. Le rendez-vous de demain, fixé à 13h30, s'annonce comme un test de résistance. Les citoyens, suspendus aux décisions des leaders syndicaux, attendent de voir si ce conflit se dénouera par une reprise du dialogue ou pas.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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