Libéré après une nuit en garde à vue, Ahmed Abdou Mmadi Karihila, figure de proue des soignants contractuels de l’hôpital El-Maarouf, a été déféré devant le parquet mercredi 8 avril. À l'issue de l'audition, la procédure a été classée sans suite, entraînant la relaxe immédiate du représentant syndical qui a pu regagner son domicile.
Accompagné de son avocat, Maître Idriss Saandi, Karihila a été entendu par la procureure au terme de son interpellation. Ce dénouement juridique est un grand soulagement pour ses confrères du collectif, lesquels n'ont pas cessé de le soutenir depuis son arrestation. Cette décision signifie que les éléments recueillis ne justifiaient pas l'exercice de poursuites pénales, faute de preuves suffisantes ou d'infraction caractérisée. Ce qui confirme le non-lieu du dossier, permettant à l'intéressé de retrouver sa liberté. Pour rappel, les représentants du collectif des contractuels ont rencontré le président de l’Assemblée nationale, Moustadroine Abdou, jeudi 2 avril dernier. Celui-ci leur avait promis une réponse dans les plus brefs délais. Mais depuis, aucune réponse formelle n’a encore filtré de cet échange, mais la démarche illustre la volonté du mouvement d’ouvrir un canal de discussion avec les autorités.
Face à l’absence de garanties, la mobilisation se réorganise. Les soignants préparent pour ce vendredi 10 avril, une journée de sensibilisation, préalable à une action de rue si leurs demandes (régularisation des statuts, alignement salarial et fin des pressions) restent lettre morte. La société civile, qui s’est solidarisée, appelle, elle aussi à un « dialogue franc entre toutes les parties afin de préserver un système de santé au service de la population comorienne ». Un soutien cristallisant un mécontentement plus large.
Dans ce climat encore tendu, le porte-parole du collectif, joint par téléphone, donne le ton pour les jours à venir : « Nous avons choisi la voie du dialogue jusqu'à lors. Si aucune réponse favorable à nos revendications n’est pas actée d’ici là, nous battrons le pavé par une manifestation pacifique le vendredi 10 avril, et pour dire non aux intimidations qui tentent d’étouffer notre cri de détresse. Chaque soutien compte, restons unis et déterminés face à ces injustices », a-t-il déclaré.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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