Les avocats des victimes de la catastrophe de Yemenia assurent qu'ils ont des garanties pour le paiement des indemnités de ayant droits de ce crash survenu en juin 2009. En déplacement à Moroni, ils tiennent une séance de signature des documents, une étape cruciale pour le règlement attendu dans les quatre à six mois qui viennent.
Si le volet pénal du crash du vol de Yémenia Airways a longtemps trébuché au niveau de Moroni, les avocats des victimes n'ont pas lâché et sont arrivés neuf ans après à obtenir des dédommagements et des indemnités pour les familles et proches des victimes. Arrivés à Moroni depuis mardi dernier, ils tiennent une séance de signature des documents à l’hôtel Itsandra, une étape importante pour les indemnités des ayants droits.
« Nous avons maintenant des garanties de paiement. Nos efforts aujourd'hui, c’est qu'il faut que tous les ayant droites des victimes dont nous assurons l'assistance fassent l'effort de venir signer les documents qui sont en état », a indiqué Me Gérard Montigny, un des quatre avocats de l'association des Familles des Victimes de la Catastrophe Aérienne du Yemenia Airways (Afvca).
A l'en croire, leur objectif était d’obtenir les meilleurs dédommagements possibles pour les victimes, mais aussi d’obtenir qu'il y ait quelqu'un de solvable pour payer. « Parce qu'il ne suffit pas d'obtenir une condamnation, aussi il faut qu'il y ait un payeur, dit-il, c'est ainsi que nous sommes allés à Los Angeles, nous avons obtenu que la juridiction américaine désigne un médiateur et ce médiateur a fait la passerelle entre les avocats français et les avocats américains. Les avocats de la compagnie mais aussi du propriétaire de l'avion qui ont des assureurs avec lesquels finalement nous sommes venus à des solutions transactionnelles pour que nous espérons conduire à bonne fin et qui sont des transactions très favorables aux familles ». Me Gérard Montigny dit espérer que le règlement de ces 800 documents aussi bien en France qu'aux Comores puisse intervenir dans les quatre à six mois qui viennent.
Le deuxième aspect qui a fait déplacer les quatre cabinets à Moroni, c'est le volet pénal dont les juges français avaient un temps envisagé de classer l'affaire sans suite. Pour la simple raison que Moroni, d'après-lui, n'a pas voulu coopérer. Ce qui a conduit au blocage des commissions rogatoires internationales, lancées par les juges français auprès des autorités comoriennes.
« Nous avons été jusqu'à écrire d'ailleurs à Monsieur le président Macron et son cabinet nous avait fait connaître qu'il estimait que cette coopération devait s’améliorer », a-t-il indiqué. Ces avocats devront dans ce cadre rencontrer les représentants des autorités françaises aux Comores et les autorités comoriennes pour tenter de relancer la machine pénale. Ils demandent à ce que les enquêteurs français puissent en coopération avec le juge ou les juges d'instruction comoriens avec le parquet faire le travail qu'il faut pour établir la responsabilité de chacun dans cet accident aérien sans précédent pour les Comores.
« C'est là où l’entraide depuis 8 ans n'a pas fonctionné normalement. Nous sommes venus aujourd'hui car ça nous a été dit par le cabinet du président français qu'aujourd'hui ça devait aller mieux », a-t-il fait savoir. Et d'insister qu'il faut que cette coopération entre la France et les Comores s'améliore. « Peut être souhaiter d'ailleurs que le nouveau pouvoir public comorien puisse apporter un nouvel élan. Parce que depuis 2009, il faut bien l'admettre, les investigations sur le plan des procédures pénales, nous laissent sur notre faim ».
Pour rappel, dans la matinée du 29 juin 2009, un appareil de la compagnie Yemenia Airways, s'est abîmé au large des côtes de Ngazidja. Neuf ans après les circonstances de l’accident restent toujours non élucidées. L'association des familles des victimes naîtra et militera surtout pour la manifestation de la vérité sur cette catastrophe sans précédent pour les Comores.
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