La Gazette

des Comores

Couvre-feu : 10 millions de FC de recettes en une semaine

Couvre-feu : 10 millions de FC de recettes en une semaine © : HZK-LGDC

Depuis l’instauration du couvre-feu le 25 avril, les forces de l’ordre ont procédé à 250 interpellations jusqu’au dimanche 3 mai. Un nombre qui ne concerne que Ngazidja et qui représente près de 10 millions de FC de recettes dans les caisses de l’État. Ces interventions très juteuses ne sont pas exemptes de bavures.


9 millions 250 milles francs comoriens. C’est le montant que l’État doit gagner sur les contrevenants du couvre-feu dans une période de huit jours seulement. En effet, si l’on tient compte du fait que chaque tête paie 25.000 Fc d’amende avant de se voir relâchée, les 250 contrevenants chopés par la gendarmerie et les 120 autres tombés dans les mailles de la police représentent la coquette somme de 9.250.000 Fc.

 

Ce couvre-feu entre dans le cadre de la veille sanitaire pour éviter la propagation du Covid-19. Le président de la République a décidé de confinner les citoyens dans les domiciles à partir de 20h jusqu’à 05h du matin. Depuis, si certains récalcitrants défient l’autorité publique, les forces de l’ordre ne sont pas dispensées d’excès de zèle et d’arbitraire. Plusieurs témoignages depuis l’instauration de la mesure affirment que les interpellations s’effectuent parfois dans les terrasses.

 

Dans une vidéo tournée dans un des lieux de détention des contrevenants, l’on voit une dizaine de jeunes étendus à même le sol. Un autre qui affirme lors de son témoignage qu’il était arrêté dans un resto où il était parti s’acheter de la sauce pour son riz qu’il préparait chez lui. La question des bavures entourant ces interventions ne peut que se poser.

 

Alors que le couvre-feu est censé protéger les gens contre la propagation du virus, les personnes interpellés sont entassés dans un pick-up, serrés les uns contre les autres, avant d’être jetés dans une pièce exiguë sans masque aucun. Les éléments des forces de l’ordre eux non plus ne sont protégés. D’ailleurs à Anjouan, ils ont haussé le ton devant leur hiérarchie : « soit on arrête les interventions, soit on nous protège », nous confie un gendarme affecté à Mutsamudu.

 

Andjouza Abouheir

 


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